Transition énergétique au Maroc : l’ONEE accélère pour sécuriser un mix dominé par les renouvelables
Réunis à Marrakech, les principaux acteurs du secteur énergétique marocain ont mis en lumière un enjeu stratégique majeur : accompagner l’essor rapide des énergies renouvelables tout en garantissant la stabilité du réseau électrique. À l’initiative de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable et de la Fédération de l’énergie, cette rencontre a permis de dessiner les contours d’un système électrique en pleine mutation.
Une montée en puissance sans précédent
Le Maroc affiche aujourd’hui près de 5.730 MW de capacités renouvelables installées, représentant environ 47 % de son mix énergétique. Une dynamique appelée à s’intensifier avec un programme ambitieux visant à dépasser le seuil des 52 % d’ici 2030, grâce à l’ajout de 12,5 gigawatts supplémentaires.
Mais cette transition rapide pose une problématique technique majeure : la gestion de l’intermittence des sources solaires et éoliennes, dont la production varie en fonction des conditions climatiques.
Stockage et flexibilité au cœur de la stratégie
Pour répondre à ce défi, l’ONEE mise sur un dispositif structuré autour de plusieurs leviers. Le premier concerne le stockage de l’énergie, avec un objectif de plus de 3.500 MW à l’horizon 2030. Ce dispositif combine des stations de transfert d’énergie par pompage, des solutions thermiques et des systèmes de batteries de nouvelle génération.
En parallèle, le développement de capacités flexibles au gaz naturel, estimées à plus de 4.500 MW, doit permettre de compenser les fluctuations de production et de sécuriser l’approvisionnement en période de forte demande.
Un réseau électrique en pleine expansion
Le renforcement des infrastructures constitue un autre pilier de cette transformation. Le Maroc prévoit la construction de plus de 6.000 kilomètres de lignes à très haute tension, accompagnées de nouvelles interconnexions technologiques, afin de fluidifier le transport de l’électricité sur l’ensemble du territoire.
Dans cette dynamique, le projet de corridor électrique reliant Boujdour à Tensift s’impose comme une infrastructure clé pour acheminer l’énergie produite dans le sud vers les zones de consommation.
La digitalisation comme levier d’efficacité
Au-delà des infrastructures physiques, la modernisation du réseau passe également par la digitalisation. L’intégration de systèmes intelligents permet une gestion en temps réel des flux énergétiques, améliorant la réactivité et l’optimisation du réseau face aux variations de production.
Une transition fondée sur la coopération
Les discussions ont également souligné l’importance d’une approche collaborative. La réussite de cette transformation repose sur une coordination étroite entre acteurs publics, opérateurs privés et partenaires financiers.
Dans un contexte international marqué par la transition énergétique, le Maroc cherche ainsi à transformer ses défis techniques en opportunités économiques, tout en renforçant sa souveraineté énergétique.
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