Transition énergétique : le Japon mise de nouveau sur le nucléaire avec Kashiwazaki-Kariwa
Le Japon s’apprête à franchir une étape hautement symbolique dans sa politique énergétique. Ce mercredi soir, l’opérateur Tokyo Electric Power (TEPCO) doit remettre en service l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, dans le département de Niigata. Il s’agit du premier redémarrage d’un réacteur du groupe depuis la catastrophe de mars 2011, qui avait profondément bouleversé le paysage énergétique et politique du pays.
Avec ses sept réacteurs, Kashiwazaki-Kariwa est considérée comme la centrale nucléaire la plus puissante au monde en capacité installée. Sa relance, partielle, marque un tournant après plus d’une décennie de gel quasi total des installations nucléaires japonaises.
Un retour du nucléaire sous haute surveillance
Selon TEPCO, le redémarrage est prévu après 19h00, heure locale. L’opération se déroule sous un strict dispositif de contrôle, fruit de longues années de travaux de sécurisation et d’évaluations réglementaires. Depuis Fukushima, les autorités japonaises ont renforcé leurs normes, imposant aux exploitants des investissements lourds et des procédures de validation parmi les plus exigeantes au monde.
Malgré ces garanties, la décision ne fait pas l’unanimité. Une partie importante de la population locale exprime ses réticences. D’après une enquête récente, près de 60 % des habitants du département de Niigata se disent opposés à la remise en service du site. Des rassemblements ont d’ailleurs eu lieu ces derniers jours à proximité de la centrale, illustrant la persistance d’une méfiance profondément ancrée dans l’opinion.
Une relance portée par les impératifs climatiques et économiques
Du côté du gouvernement japonais, le message est clair : la relance du nucléaire est présentée comme un levier stratégique pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, améliorer la sécurité d’approvisionnement et respecter les engagements climatiques. Tokyo vise la neutralité carbone à l’horizon 2050, un objectif difficilement atteignable sans un retour significatif de l’atome dans le mix énergétique.
La hausse continue de la consommation électrique renforce également cette orientation. Le développement accéléré des centres de données, des technologies liées à l’intelligence artificielle et de l’électrification des usages pèse de plus en plus sur le réseau. Dans ce contexte, le nucléaire est perçu par l’exécutif comme une source stable, capable d’assurer une production massive et continue.
Les autorités ambitionnent ainsi de porter la part du nucléaire à environ 20 % de la production électrique nationale d’ici 2040, contre un peu plus de 8 % aujourd’hui.
Kashiwazaki-Kariwa, symbole d’un virage assumé
Au-delà de sa dimension technique, le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa revêt une portée politique. Il illustre la volonté du Japon de sortir progressivement de l’ère post-Fukushima, sans pour autant refermer les débats qu’elle a ouverts. Entre impératifs climatiques, souveraineté énergétique et inquiétudes citoyennes, le nucléaire reste un sujet de tension, où chaque décision est scrutée de près.
La remise en service de ce premier réacteur ne préjuge pas du calendrier des autres unités du site, ni du rythme global de relance du parc national. Elle constitue toutefois un signal fort : celui d’un pays qui assume désormais de replacer l’atome au cœur de sa stratégie énergétique, malgré les fractures qu’il continue de susciter.
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