Transition énergétique : pourquoi le Maroc attire l’attention des industriels européens
Le Maroc renforce sa position dans les chaînes de valeur industrielles liées à la transition énergétique et attire l’attention des médias économiques européens. Dans un article publié le 13 octobre 2026, le magazine financier italien Borsa&Finanza présente le Royaume comme l’une des plateformes industrielles les plus compétitives du sud de la Méditerranée, capable de répondre aux besoins croissants de l’Union européenne en technologies propres.
Cette dynamique repose sur la combinaison de ressources renouvelables, d’infrastructures logistiques performantes et d’un tissu industriel déjà implanté dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’automobile, l’aéronautique et les équipements électriques.
Des énergies renouvelables à la fabrication industrielle
Le potentiel marocain ne se limite plus à la production d’électricité verte. Le pays développe progressivement une chaîne de valeur destinée à accompagner la transition énergétique, avec des activités couvrant les câbles, les transformateurs, les équipements électriques et les composants nécessaires aux installations solaires et éoliennes.
Le développement des batteries pour véhicules électriques et des systèmes de stockage énergétique s’inscrit également dans cette orientation. L’ambition est de dépasser progressivement la fourniture de matières premières pour renforcer la production locale de composants et de technologies à plus forte valeur ajoutée.
Le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert constituent ainsi des filières dans lesquelles le Royaume entend consolider ses capacités industrielles et sa place auprès des marchés internationaux.
Tanger Med, un levier logistique majeur
Le complexe portuaire Tanger Med occupe une place centrale dans cette stratégie. Selon les données citées par Borsa&Finanza, le port aurait traité près de 161 millions de tonnes de marchandises en 2025, soit une hausse de 13,3 % sur un an.
Son environnement industriel rassemble plus de 1 400 entreprises, pour un chiffre d’affaires industriel estimé à 17,4 milliards d’euros. Cette concentration d’activités contribue à rapprocher les sites de production des infrastructures d’exportation et à faciliter l’intégration du Maroc dans les circuits commerciaux internationaux.
Grâce à cette organisation, le Royaume peut articuler production industrielle, transport et accès aux marchés européens, africains et américains. Sa proximité géographique avec l’Europe, ses accords commerciaux et ses zones industrielles intégrées renforcent également son attractivité auprès des entreprises qui cherchent à diversifier et à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement.
Le Maroc et l’Égypte, deux pôles émergents en Méditerranée
Dans son analyse, le média italien identifie le Maroc et l’Égypte comme deux pôles émergents majeurs des technologies propres dans l’espace euro-méditerranéen.
Le Royaume se distingue notamment par la stabilité mise en avant dans l’article, la qualité de ses infrastructures et l’expérience industrielle acquise dans l’automobile et l’aéronautique. Ces acquis peuvent favoriser le développement de nouvelles activités liées aux équipements énergétiques et aux technologies de décarbonation.
Pour l’Union européenne, la diversification des fournisseurs et la sécurisation des approvisionnements constituent des enjeux importants de la transition énergétique. Dans ce contexte, le Maroc dispose d’atouts pour renforcer sa place au sein des nouvelles chaînes de valeur industrielles.
Des obstacles à surmonter pour accélérer la transformation
Cette évolution reste toutefois confrontée à plusieurs défis. Borsa&Finanza relève notamment la lenteur de certaines procédures administratives, les besoins croissants en compétences techniques et la nécessité de mieux articuler l’innovation industrielle avec les financements disponibles.
La capacité à répondre à ces enjeux sera déterminante pour accompagner la montée en gamme du tissu productif et attirer des investissements dans les segments technologiques les plus avancés.
Au-delà de l’exportation d’électricité renouvelable ou d’hydrogène vert, le Maroc cherche ainsi à produire une partie des équipements nécessaires à la transition énergétique européenne. Cette orientation pourrait consolider son rôle, non seulement comme fournisseur de proximité, mais aussi comme partenaire industriel dans les technologies propres.
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