Transport routier international : Les professionnels marocains déclenchent une grève face au mur de Schengen
Le secteur névralgique du Transport Routier International (TRI) marocain entre en zone de turbulences. Excédés par des entraves administratives qu’ils jugent intenables, les transporteurs ont officiellement annoncé un débrayage de 24 heures. Ce mouvement de grève, prévu du mardi 5 mai à 8h00 au mercredi 6 mai 2026 à la même heure, vise à paralyser symboliquement les flux entre le Maroc et l'Europe pour dénoncer un système de visas devenu un goulot d'étranglement logistique.
Un blocus administratif aux conséquences majeures
La colère des professionnels ne date pas d'hier, mais elle a atteint un point de rupture après une série de concertations menées dans les places fortes du transport comme Agadir et Tanger. Le grief principal réside dans la gestion des visas pour l'espace Schengen. Entre la raréfaction des rendez-vous et des délais de traitement jugés excessifs, les entreprises de transport voient leur planification voler en éclats.
Ces retards ne sont pas seulement bureaucratiques ; ils se traduisent par une désorganisation profonde des chaînes d'approvisionnement. Le non-respect des calendriers de chargement et de déchargement menace directement la compétitivité des exportations marocaines, particulièrement dans les secteurs périssables où chaque heure compte.
La règle des 90 jours : Le frein de trop
Au-delà de l'obtention du précieux sésame, les transporteurs pointent du doigt la rigidité de la règle des « 90 jours sur 180 » au sein de l'espace Schengen. Cette restriction de séjour pour les chauffeurs routiers impose aux gestionnaires de flottes des schémas opérationnels de plus en plus complexes et onéreux. En limitant la mobilité des conducteurs, cette mesure affecte directement la rentabilité des entreprises et la fluidité des échanges bilatéraux.
Une menace sur la compétitivité Maroc-UE
Pour les acteurs du secteur, le transport routier est bien plus qu'une simple activité de service ; c'est le poumon économique des échanges entre le Royaume et l'Union européenne. Les grévistes tirent la sonnette d'alarme : sans une simplification drastique des procédures et un dialogue institutionnel renforcé avec les partenaires européens, c'est l'ensemble de la chaîne de valeur marocaine qui pourrait perdre en attractivité.
Les professionnels appellent désormais à une intervention urgente des autorités pour débloquer cette situation hybride où la volonté politique de renforcer les échanges se heurte à la réalité d'une frontière de plus en plus hermétique pour les travailleurs de la route.
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