Travailleurs des plateformes : l’UMT réclame une réforme urgente du cadre légal marocain
Le débat sur la protection des travailleurs des plateformes numériques prend une nouvelle dimension au Maroc. À la suite de l’adoption d’une convention internationale par l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Union marocaine du travail (UMT) appelle les autorités à engager rapidement les réformes nécessaires afin d’intégrer ce nouveau cadre dans la législation nationale.
Adoptée lors de la 114e Conférence internationale du travail tenue à Genève, cette convention constitue une avancée majeure pour les millions de personnes exerçant une activité professionnelle par l’intermédiaire d’applications et de plateformes numériques. Elle vise notamment les livreurs, les travailleurs indépendants en ligne, les prestataires de services numériques ainsi que d’autres catégories de travailleurs dont l’activité repose sur les outils digitaux.
Pour l’UMT, ce texte marque une étape importante dans la reconnaissance des droits de ces travailleurs, souvent confrontés à l’absence de garanties sociales et à une protection juridique limitée. La centrale syndicale estime que l’essor rapide de l’économie numérique impose aux États d’adapter leurs législations afin de répondre aux nouvelles réalités du marché du travail.
Dans ce contexte, l’organisation syndicale invite le gouvernement marocain à préparer les conditions nécessaires à la ratification de la convention et à lancer un chantier de réforme visant à renforcer les droits des travailleurs concernés. Elle souligne également l’importance d’un dialogue social dédié aux enjeux de l’économie numérique, afin d’identifier les mécanismes les plus adaptés pour assurer des conditions de travail décentes et conformes aux standards internationaux.
Au Maroc, le recours aux plateformes numériques connaît une progression constante. Les services de livraison, les activités liées à l’offshoring, le travail à distance et diverses prestations numériques attirent un nombre croissant de travailleurs. Toutefois, le statut de ces derniers demeure souvent ambigu, se situant entre salariat classique et travail indépendant.
La question de la protection sociale figure parmi les principaux défis soulevés par cette transformation. La convention adoptée par l’OIT prévoit plusieurs garanties fondamentales, notamment en matière de liberté syndicale, de négociation collective, de sécurité et de santé au travail, de couverture sociale et de rémunération équitable.
L’UMT rappelle avoir pris part aux discussions internationales ayant conduit à l’adoption de ce texte. Désormais, la centrale considère que l’enjeu principal réside dans la mise en œuvre concrète de ces principes au niveau national afin d’accompagner l’évolution rapide des formes d’emploi liées à la transformation numérique.
Même si la convention ne prendra effet qu’après sa ratification par au moins deux États membres, son adoption est déjà perçue comme un signal fort en faveur d’une meilleure protection des travailleurs des plateformes. Au Maroc, cette question pourrait s’imposer comme l’un des grands dossiers sociaux des prochaines années, à mesure que l’économie numérique poursuit son expansion.
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