Turquie : Erdogan dénonce des politiques mondiales de « neutralisation du genre »
Lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé ce qu’il présente comme des politiques mondiales de « neutralisation du genre ». Il a affirmé que cette tendance visait désormais les familles et les enfants, tout en appelant à la défense d’un modèle familial traditionnel.
Erdogan met la famille au cœur de son discours
S’exprimant mardi devant l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué ce qu’il a qualifié de « politiques mondiales de neutralisation du genre ».
Selon le président turc, cette orientation aurait évolué vers une campagne visant directement les familles et les enfants. Il a estimé que cette tendance pouvait être combattue par la protection de la famille traditionnelle, qu’il définit comme étant formée d’un homme et d’une femme.
Ces déclarations interviennent dans le cadre d’un débat plus large sur les questions liées au genre, à la famille et aux droits des personnes LGBTQ+, qui font l’objet de positions divergentes selon les États et les organisations internationales.
Un discours prononcé dans un contexte tendu en Turquie
Les propos du président turc interviennent quelques jours après le lancement par les autorités de son pays d’une vaste opération visant des groupes LGBTQ+.
Baptisée « My Family is Safe », cette opération est présentée par le gouvernement comme une initiative destinée à protéger les enfants et les valeurs familiales. Selon Reuters, elle a conduit à des arrestations dans plusieurs provinces et à des poursuites visant notamment des membres d’organisations LGBTQ+. Des manifestations ont également donné lieu à de nombreuses interpellations.
Le gouvernement turc justifie ces mesures par la nécessité de protéger les enfants et la structure familiale. De leur côté, les organisations de défense des droits LGBTQ+ contestent cette justification et dénoncent des atteintes aux libertés fondamentales. La Commission européenne a également exprimé sa préoccupation concernant les arrestations et les procédures engagées contre des organisations et des entreprises liées à cette communauté.
La question des droits LGBTQ+ au centre des tensions
La prise de position d’Erdogan à l’ONU s’inscrit ainsi dans une politique nationale où les questions relatives à la famille et aux droits LGBTQ+ occupent une place croissante dans le débat public.
Les autorités turques ont, ces dernières années, renforcé les restrictions visant certaines manifestations et organisations LGBTQ+. Le gouvernement présente ces mesures comme relevant de la protection des valeurs familiales, tandis que leurs opposants y voient une restriction des droits et libertés.
À New York, Erdogan a donc réaffirmé publiquement cette approche, en faisant de la défense de la famille traditionnelle l’un des principaux arguments de sa critique des politiques internationales liées au genre.
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