Ukraine : l’Union européenne défend les frappes contre les raffineries russes
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a défendu les attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes, estimant qu’elles s’inscrivent dans le droit de Kyiv à se défendre. Alors que Donald Trump a annoncé un « cessez-le-feu énergétique », le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme que son pays reprendra ses frappes, dans un contexte de tensions persistantes avec Moscou et Washington.
Kaja Kallas invoque le droit à la défense de l’Ukraine
Pour Kaja Kallas, les raffineries russes constituent des cibles stratégiques, dans la mesure où les revenus pétroliers contribuent au financement de la guerre menée par Moscou contre l’Ukraine. Lors d’un entretien exclusif accordé à Euronews, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a estimé que ces frappes relevaient de la défense ukrainienne au regard du droit international.
Elle considère que la manière la plus rapide de mettre fin à ces opérations consiste à mettre un terme à la guerre elle-même.
La responsable européenne a également dénoncé la stratégie russe visant les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Selon elle, ces attaques cherchent à aggraver les souffrances de la population à l’approche de l’hiver, tandis que les frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes visent une source majeure de financement du conflit.
Kallas a par ailleurs appelé les États-Unis à exercer davantage de pression sur la Russie plutôt que sur l’Ukraine. Elle a rappelé que l’Union européenne entendait continuer à soutenir Kyiv, qui n’a pas capitulé.
Zelensky annonce la reprise des frappes
Les déclarations de Kaja Kallas interviennent alors que Volodymyr Zelensky a annoncé la fin de la suspension temporaire des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes. Dans un entretien accordé au Financial Times, le président ukrainien a affirmé que les restrictions sur ces opérations étaient levées.
Kyiv accuse Washington d’avoir suspendu le partage de renseignements et perturbé l’accès aux services internet par satellite Starlink, alors que les attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes se sont intensifiées.
Selon Zelensky, l’Ukraine avait interrompu ses frappes contre les installations énergétiques russes pendant trois jours à la demande des États-Unis. Il affirme que des responsables américains avaient également averti leurs homologues ukrainiens d’une possible suspension du partage de renseignements si Kyiv poursuivait ses opérations. Les perturbations qui ont suivi ont toutefois été présentées comme un problème technique.
Le président ukrainien a contesté cette explication concernant Starlink, estimant que les interruptions relevaient d’une décision volontaire plutôt que d’une défaillance technique.
Les raffineries russes au cœur de la stratégie militaire
L’Ukraine a intensifié sa campagne contre le secteur pétrolier russe. Selon le ministère ukrainien de la Défense, douze grandes raffineries ont été frappées au cours du seul mois de septembre.
Les données de l’Agence internationale de l’énergie indiquent que, fin août, seules cinq des 32 principales raffineries russes avaient échappé aux attaques de drones ukrainiens. Certaines installations auraient été visées jusqu’à quinze fois depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022.
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie visant les capacités énergétiques qui contribuent au financement de l’effort de guerre russe. Elles se déroulent alors que Moscou poursuit ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes, avec des conséquences pour les civils.
Un cessez-le-feu énergétique dont les contours restent flous
L’annonce par Donald Trump d’un accord prévoyant la livraison par la Russie de plus de 300 000 tonnes de diesel est intervenue dans un contexte de crise énergétique mondiale. Un « cessez-le-feu énergétique » a également été annoncé, avec l’engagement attendu de Moscou et de Kyiv de ne plus viser leurs infrastructures énergétiques respectives.
Toutefois, les déclarations des différentes parties révèlent des divergences sur la portée et l’application de cet engagement. Le Kremlin a notamment mis en doute la clarté des modalités annoncées.
Mercredi, le porte-parole de la présidence russe, Dmitry Peskov, a demandé quelles limites avaient été fixées à ce cessez-le-feu et ce qu’il recouvrait concrètement. Il a ajouté que les discussions sur cette question se poursuivaient.
Entre les exigences américaines, le soutien européen à Kyiv et la poursuite des attaques de part et d’autre, la trêve énergétique demeure ainsi au centre des tensions diplomatiques. La reprise annoncée des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes pourrait compliquer davantage les efforts visant à limiter les attaques contre les infrastructures essentielles.
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