UM6P et OCP Africa lancent une école gratuite dédiée à l’agriculture numérique en Côte d’Ivoire
L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) poursuit son développement à l’échelle africaine avec le lancement, aux côtés de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) et avec le soutien d’OCP Africa, de la Digital Farming School (DFS). Installée à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, cette nouvelle école entend former des profils capables de répondre aux besoins technologiques des agricultures africaines.
Les candidatures pour la première promotion ont été ouvertes le 7 septembre. La rentrée est prévue en novembre 2026, avec un premier contingent limité à 50 étudiants.
Une formation de deux ans entièrement gratuite
La DFS se distingue d’abord par la prise en charge intégrale des frais de formation. Le programme, étalé sur deux années, doit conduire à l’obtention d’un certificat de développeur spécialisé dans le domaine de l’Agritech.
L’admission s’adresse aux candidats âgés de 18 à 35 ans disposant au minimum d’un niveau Bac+2. La sélection s’effectuera en plusieurs étapes, avec des tests organisés en ligne puis en présentiel. Les candidats retenus devront ensuite passer par une phase d’évaluation intensive de trois semaines, baptisée « Self Assessment Skills » (SAS).
Cette étape vise notamment à mesurer leur motivation et leur capacité à s’investir pleinement dans un parcours particulièrement orienté vers la pratique.
Des compétences numériques directement appliquées à l’agriculture
La vocation de la DFS est de former des développeurs capables de transformer les innovations technologiques en outils utilisables directement sur le terrain. Le cursus s’intéressera notamment aux capteurs connectés, aux drones agricoles, aux plateformes de surveillance des cultures, à l’automatisation ainsi qu’à l’exploitation des données pour améliorer les décisions des producteurs.
L’objectif dépasse ainsi la formation de spécialistes du numérique. Il s’agit de créer des profils capables de comprendre les réalités agricoles et d’adapter les technologies aux contraintes rencontrées par les exploitations.
Pour y parvenir, la pédagogie s’articulera autour de trois approches : le « Learning by Doing », le « Learning by Farming » et le « Peer Learning ». Les étudiants alterneront enseignements, expérimentations et travaux pratiques dans un environnement comprenant notamment des laboratoires technologiques, une ferme expérimentale, un fablab et un incubateur.
L’entrepreneuriat occupera également une place importante dans le dispositif, avec l’ambition de permettre aux étudiants de développer leurs propres solutions et de favoriser leur insertion dans un secteur en pleine transformation.
Yamoussoukro comme laboratoire de l’agriculture de demain
Le choix de Yamoussoukro pour accueillir la DFS traduit la volonté de rapprocher la formation des réalités agricoles ivoiriennes. Le modèle conçu par l’UM6P, l’INP-HB et OCP Africa mise sur une immersion concrète afin que les futurs développeurs puissent tester et perfectionner leurs solutions dans des conditions proches de celles qu’ils rencontreront dans leur vie professionnelle.
« Notre ambition est de rapprocher au maximum la formation des réalités du terrain », a expliqué le directeur général de la DFS, Dr Koko Louis, cité dans le communiqué de lancement. Le principe du « Learning by Farming » doit notamment faire de l’exploitation agricole un espace consacré simultanément à l’apprentissage, à l’expérimentation et à l’innovation.
Cette approche pourrait également permettre de faire émerger des solutions adaptées aux besoins spécifiques des producteurs plutôt que de transposer directement des technologies conçues pour d’autres marchés.
Une nouvelle brique dans l’ambition africaine du modèle marocain
Le lancement de la Digital Farming School intervient alors que les systèmes agricoles africains doivent composer avec plusieurs défis simultanés. La croissance démographique, les pressions liées au changement climatique et la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire poussent les pays du continent à accélérer la modernisation de leurs modes de production.
Dans ce contexte, le numérique apparaît comme un levier potentiel pour optimiser l’utilisation des ressources, améliorer le suivi des cultures et renforcer la capacité des exploitants à prendre des décisions fondées sur les données.
Pour ses promoteurs, la DFS ne doit toutefois pas se limiter à une école de formation. À terme, le projet ambitionne de constituer un véritable écosystème consacré à l’innovation agricole, en réunissant recherche appliquée, expérimentation et accompagnement entrepreneurial.
L’objectif affiché est de rapprocher progressivement les établissements universitaires, les centres de recherche, les entreprises et les startups autour des enjeux liés à la transformation des agricultures africaines. À travers cette initiative, l’UM6P renforce ainsi sa présence dans les dynamiques de développement des compétences et d’innovation sur le continent, avec l’agriculture numérique comme nouveau terrain d’expérimentation.
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