Une Chinoise meurt après avoir suivi des conseils médicaux de ChatGPT
Une ressortissante chinoise de 31 ans, installée à Seattle aux États-Unis, est décédée après une crise d’épilepsie, dans un contexte où elle aurait modifié son traitement à la suite d’échanges avec ChatGPT. Ses parents ont engagé des poursuites contre OpenAI, relançant les interrogations sur les risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour des questions médicales.
Des échanges fréquents avec l’intelligence artificielle
Bowen Wan, ingénieure informatique de nationalité chinoise ayant travaillé chez Amazon, souffrait d’épilepsie depuis son plus jeune âge. À partir de 2021, elle aurait commencé à ressentir une diminution de l’efficacité de son traitement, tandis que ses crises devenaient de plus en plus fréquentes. Cette situation l’a notamment conduite à s’éloigner temporairement de son activité professionnelle et à essayer un nouveau médicament.
Durant cette période, la jeune femme aurait développé une relation particulièrement régulière avec ChatGPT. Selon des éléments d’enquête rapportés par le New York Times le 27 octobre 2026, elle échangeait avec l’outil jusqu’à 1 500 messages par semaine, abordant des sujets variés, dont ses difficultés de santé.
Une modification du traitement au cœur de l’affaire
Confrontée à des effets secondaires qu’elle jugeait pénalisants, notamment sur ses capacités linguistiques, Bowen Wan aurait demandé à ChatGPT s’il était possible de réduire les doses de son médicament. L’objectif était, selon les échanges rapportés, de retrouver ses facultés et de reprendre une activité professionnelle normale.
Si l’intelligence artificielle lui aurait d’abord recommandé de consulter un professionnel de santé, elle lui aurait ensuite suggéré de diviser ses doses en deux. Le système aurait présenté cette pratique comme une méthode d’ajustement parfois tolérée ou autorisée par certains médecins. Des spécialistes interrogés par le quotidien américain ont toutefois indiqué ne pas connaître cette approche.
La jeune femme aurait suivi cette recommandation. Après avoir perdu son emploi chez Amazon, elle aurait également fait part à ChatGPT de symptômes inquiétants apparus à la suite de ce changement. Selon les conversations citées dans le reportage, l’application aurait alors minimisé ses inquiétudes.
Une plainte déposée par la famille contre OpenAI
Les événements ont pris une tournure tragique lorsqu’une crise d’épilepsie aurait interrompu une conversation téléphonique entre Bowen Wan et son père. Elle lui avait indiqué qu’elle le rappellerait ultérieurement, mais ses proches sont ensuite restés sans nouvelles.
Inquiets, ses parents ont demandé à un ami de se rendre à son domicile. La jeune femme a finalement été retrouvée sans vie. À la suite de son décès, sa famille a déposé une plainte contre OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, selon les informations rapportées par le New York Times.
Cette procédure vient s’ajouter à d’autres actions judiciaires mettant en cause les réponses fournies par des outils d’intelligence artificielle dans des situations sensibles. L’affaire soulève notamment la question de la fiabilité des recommandations médicales générées par ces systèmes et des limites à rappeler aux utilisateurs.
Les limites de l’IA face aux questions de santé
Ce drame met en lumière les risques d’une utilisation de l’intelligence artificielle comme substitut à un suivi médical. Les traitements contre l’épilepsie nécessitent une prise en charge adaptée à chaque patient. Une modification de dosage sans avis médical peut exposer à des complications graves, notamment à une aggravation des crises.
Si les outils conversationnels peuvent contribuer à informer le public et à faciliter la compréhension de certains sujets de santé, ils ne remplacent ni un diagnostic ni l’évaluation d’un médecin. L’affaire Bowen Wan pourrait ainsi alimenter le débat sur la responsabilité des entreprises qui développent ces technologies et sur les garanties nécessaires pour éviter que des réponses inadaptées ne conduisent à des décisions dangereuses.
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