UNESCO : trois nouveaux outils pour renforcer l’éducation au développement durable
L’UNESCO franchit une nouvelle étape dans la promotion de l’éducation au développement durable (EDD) avec le lancement de trois outils d’orientation destinés à accompagner les établissements scolaires et les acteurs de l’éducation dans la transformation de leurs pratiques. L’objectif est de mieux intégrer les enjeux du développement durable dans les systèmes éducatifs et de favoriser l’émergence de sociétés plus durables, pacifiques et inclusives.
Expérimentés dans 41 institutions réparties sur dix pays, ces dispositifs doivent également contribuer aux travaux préparatoires de la Conférence mondiale sur l’éducation au développement durable prévue en 2027.
Une approche qui dépasse les programmes scolaires
Le premier outil proposé par l’UNESCO s’intéresse au fonctionnement global des établissements et institutions éducatives. Son approche consiste à ne pas limiter l’éducation au développement durable aux seuls contenus enseignés en classe.
L’outil invite ainsi les établissements à examiner plusieurs dimensions de leur fonctionnement : méthodes d’enseignement et d’apprentissage, gouvernance, environnement éducatif, organisation interne ou encore partenariats. L’objectif est de faire du développement durable une composante transversale de la vie des institutions.
Cette démarche entend favoriser une cohérence entre les connaissances transmises aux apprenants et les pratiques mises en œuvre au sein même des établissements.
Transformer les connaissances en capacité d’action
Le deuxième outil se concentre davantage sur les méthodes pédagogiques et sur la manière dont les apprenants peuvent passer de l’acquisition de connaissances à leur mise en pratique.
L’UNESCO met notamment l’accent sur le développement de l’esprit critique, de la créativité et de la coopération. Les apprenants sont encouragés à analyser les enjeux auxquels les sociétés sont confrontées, à imaginer différentes solutions et à participer activement à la construction d’avenirs plus durables.
Cette orientation donne ainsi une place importante à l’apprentissage fondé sur l’action, avec l’ambition de renforcer la capacité des élèves et étudiants à devenir des acteurs du changement.
Repenser l’évaluation des apprentissages
Le troisième outil porte sur l’évaluation des compétences acquises dans le cadre de l’EDD. Il propose d’élargir les méthodes traditionnelles afin de prendre en compte plusieurs dimensions de l’apprentissage.
Au-delà des connaissances, l’évaluation peut ainsi intégrer les compétences, les valeurs et la capacité des apprenants à agir face aux défis liés au développement durable.
L’approche défendue par l’UNESCO vise également à rapprocher l’évaluation du processus d’apprentissage lui-même, afin qu’elle puisse servir à accompagner la progression des apprenants plutôt qu’à mesurer uniquement un résultat final.
Des outils conçus pour différents contextes
Ces trois dispositifs ont été pensés pour pouvoir être adaptés aux réalités des différents systèmes éducatifs. Ils s’adressent notamment aux enseignants, aux responsables d’établissement, aux formateurs, aux chercheurs et aux décideurs.
Bien que chacun puisse être utilisé séparément, les trois outils ont été conçus comme des éléments complémentaires. Ils établissent un lien entre la transformation des institutions, l’évolution des pratiques pédagogiques et l’évaluation des compétences liées au développement durable.
L’ambition est ainsi de proposer une approche cohérente allant de l’organisation de l’établissement jusqu’aux expériences concrètes vécues par les apprenants.
Une expérimentation menée dans dix pays
Les nouveaux outils ont été développés entre 2024 et 2026 dans le cadre du projet de l’UNESCO intitulé « Transformer les futurs : encourager les pratiques de l’EDD pour 2030 ».
Leur conception s’est appuyée sur des travaux de recherche, des consultations avec des experts internationaux ainsi que sur les expériences d’établissements d’enseignement supérieur et d’écoles appartenant au Réseau des écoles associées de l’UNESCO.
L’expérimentation a été menée dans dix pays : le Brésil, le Costa Rica, la Côte d’Ivoire, Cuba, l’Allemagne, le Japon, le Kenya, la Malaisie, la Roumanie et la Slovénie.
Au total, 41 institutions ont participé à cette phase pilote. Certaines ont adapté des activités pédagogiques déjà existantes, tandis que d’autres ont développé de nouvelles initiatives en fonction de leurs besoins et de leurs contextes locaux.
Un cap fixé sur 2030
À travers ces outils, l’UNESCO entend donner aux acteurs de l’éducation des moyens concrets pour faire évoluer leurs pratiques en matière de développement durable.
Le dispositif s’inscrit dans une perspective plus large visant à faire de l’éducation un levier de transformation sociale et environnementale. L’enjeu est désormais de capitaliser sur les expériences menées dans les différents pays et de renforcer leur utilisation afin de contribuer aux objectifs fixés à l’horizon 2030.
La Conférence mondiale sur l’éducation au développement durable prévue en 2027 constituera à ce titre une nouvelle échéance pour examiner les avancées réalisées et poursuivre les efforts en faveur d’une transformation durable des systèmes éducatifs.
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