Urgence sanitaire aux Canaries : trois morts signalés sur un navire bloqué par l'hantavirus
Après plusieurs jours d'incertitude au large du Cap-Vert, le navire de croisière d'expédition MV Hondius a reçu le feu vert des autorités espagnoles pour accoster aux îles Canaries. Ce dénouement intervient alors qu'un foyer d'hantavirus, ayant déjà causé trois décès, a été identifié à bord par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Un périple transformé en défi épidémiologique
Le MV Hondius, spécialisé dans les excursions en zones reculées, avait quitté Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026 avec 147 personnes à bord (88 passagers et 59 membres d'équipage de 23 nationalités différentes). Ce qui devait être une traversée de l'Atlantique Sud a basculé dès le 6 avril, lorsqu'un premier passager a manifesté des symptômes de fièvre et de troubles digestifs, avant de succomber le 11 avril à une détresse respiratoire sévère.
Depuis, la situation sanitaire s'est alourdie. Au 4 mai 2026, l'OMS recense sept cas au total : deux confirmés en laboratoire et cinq suspectés. Le bilan humain fait état de trois morts, dont une passagère évacuée vers l'Afrique du Sud, et un patient toujours dans un état critique. Face à cette série de décès et à la présence de personnes encore symptomatiques, le Cap-Vert avait refusé l'accès au port de Praia, maintenant le navire en isolement forcé en mer.
L'intervention de l'Espagne et de l'OMS
L'impasse a pris fin grâce à la médiation de l'OMS et à l'acceptation de l'Espagne d'accueillir le bâtiment aux îles Canaries. Maria Van Kerkhove, directrice par intérim à l'OMS, a précisé que cet accostage permettra de diligenter une enquête approfondie et d'évaluer précisément les risques sanitaires pour l'ensemble des occupants.
L'hantavirus, pathogène zoonotique transmis par les rongeurs (via l'urine, la salive ou les excréments), reste une maladie rare mais redoutable, avec des taux de mortalité pouvant atteindre 50 % dans les Amériques. L'OMS explore actuellement l'hypothèse d'une contamination liée à la faune locale lors d'escales isolées ou avant le départ d'Argentine.
Un risque de contagion humaine limité
Malgré la gravité des cas à bord, les autorités sanitaires se veulent rassurantes pour le grand public. L'OMS souligne que, contrairement à des virus comme le Covid-19, l'hantavirus ne se transmet pas facilement entre humains, nécessitant des contacts extrêmement étroits et prolongés. À ce jour, il n'existe aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique ; la prise en charge repose exclusivement sur des soins de soutien intensifs.
Alors que le navire fait route vers les îles Canaries, les passagers demeurent sous une surveillance médicale stricte, l'objectif étant de stopper toute velléité de propagation dès leur arrivée sur le sol espagnol.
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