Venezuela : le Parlement s’apprête à adopter une loi d’amnistie générale sous tension politique
Le Assemblée nationale du Venezuela doit ouvrir jeudi le débat final sur une loi d’amnistie générale susceptible de redessiner le paysage politique du pays. Présentée comme un instrument de « coexistence démocratique », cette initiative intervient dans un contexte de fortes pressions internationales et de recomposition du pouvoir à Caracas.
Proposée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, en fonctions depuis la capture de Nicolas Maduro le 3 janvier par des militaires américains, la réforme prévoit la libération massive de détenus considérés comme prisonniers politiques.
Un texte au cœur d’un bras de fer international
Sous pression de Washington, les autorités vénézuéliennes ont engagé un processus de concessions, incluant notamment l’ouverture accrue du secteur pétrolier national. Dans ce climat de négociation, plus de 400 prisonniers ont déjà bénéficié d’une liberté conditionnelle.
Le projet de loi, inscrit comme unique point à l’ordre du jour du Parlement, a franchi une première étape la semaine dernière avec son adoption en première lecture. Le vote définitif, initialement programmé plus tôt, a été différé afin de permettre une consultation publique impliquant juristes, représentants de l’opposition et familles de détenus.
Le procureur général Tarek William Saab a plaidé en faveur d’un dialogue élargi, estimant que l’amnistie pourrait constituer un point d’inflexion vers une désescalade politique. Il a également évoqué la nécessité d’un geste réciproque des États-Unis concernant la situation de Nicolas Maduro et de son épouse, actuellement détenus à New York.
Fermeture symbolique de l’Hélicoïde
Dans la foulée, Delcy Rodríguez a annoncé la fermeture de la prison de l’Hélicoïde, établissement régulièrement dénoncé par l’opposition et des organisations de défense des droits humains. Son frère, Jorge Rodríguez, président du Parlement, a assuré que l’adoption de la loi entraînerait la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.
Cette séquence intervient alors que le pays célèbre la Journée de la jeunesse, traditionnellement marquée par des mobilisations étudiantes. Des rassemblements sont annoncés à l’Université centrale du Venezuela, tandis que le parti au pouvoir prépare une marche à Caracas.
Un climat d’incertitude persistante
Malgré les annonces officielles, la situation reste fragile. Le leader de l’opposition Juan Pablo Guanipa a été brièvement libéré avant d’être de nouveau arrêté et assigné à résidence à Maracaibo, après avoir appelé à la tenue d’élections lors d’une visite à l’Hélicoïde.
Proche de la figure de l’opposition Maria Corina Machado, récemment distinguée par un prix Nobel de la paix et aujourd’hui hors du pays, Guanipa incarne les tensions persistantes entre le pouvoir et ses détracteurs.
Dans ce contexte, l’amnistie apparaît à la fois comme un levier de normalisation politique et un test de crédibilité pour les autorités. Son adoption pourrait marquer une étape décisive vers l’apaisement, mais les développements récents montrent que la méfiance demeure profondément ancrée.
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