Visa étudiant en France : le nouveau seuil financier frappe particulièrement les étudiants africains
À compter du 1er août 2026, les étudiants étrangers souhaitant obtenir un visa étudiant pour la France doivent justifier de ressources mensuelles d’au moins 877,50 euros, contre 615 euros auparavant. Cette revalorisation représente une augmentation de 42,7 % et risque de peser particulièrement lourd sur les candidats africains, qui constituent une part importante des étudiants étrangers accueillis dans l’Hexagone.
Selon les données de Campus France relatives à l’année universitaire 2023-2024, les étudiants originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ainsi que ceux d’Afrique subsaharienne, représentent ensemble plus de la moitié des étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur français.
Un seuil financier fortement relevé
Le nouveau montant découle du décret n° 2026-526 du 22 juin 2026. Il porte le niveau minimal de ressources à environ 47 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) brut. Contrairement à l'ancien dispositif, qui reposait sur un montant fixé depuis plusieurs années, le nouveau mécanisme est appelé à évoluer régulièrement.
Concrètement, un étudiant doit désormais pouvoir démontrer qu'il dispose d'environ 10 530 euros pour une année, contre 7 380 euros auparavant. L'écart atteint donc près de 3 150 euros par an.
Pour les candidats issus de pays où les revenus moyens sont nettement inférieurs à ceux de la France, cette différence peut représenter un obstacle important. Les familles qui financent les études à partir de leur épargne ou grâce à l'aide d'un proche doivent ainsi mobiliser davantage de ressources avant même le départ vers la France.
L'Afrique représente une part majeure des étudiants étrangers
Les statistiques du ministère français de l'Enseignement supérieur et de la Recherche montrent l'importance de la mobilité étudiante africaine vers la France.
En 2023-2024, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient comptaient environ 115 863 étudiants, soit 28 % des étudiants étrangers. L'Afrique subsaharienne représentait pour sa part environ 103 450 étudiants, soit 25 % du total.
Cette forte présence s'explique notamment par les liens historiques, linguistiques et universitaires entre la France et de nombreux pays africains. La progression des effectifs au cours des dernières années témoigne également de l'attractivité persistante des établissements français.
Le Maroc et l'Algérie en tête des contingents africains
Parmi les principaux pays d'origine des étudiants étrangers en France, plusieurs pays africains figurent dans le haut du classement.
Le Maroc arrive en première position avec environ 43 354 étudiants en 2023-2024. Il est suivi par l'Algérie, qui comptait près de 34 269 étudiants.
Le Sénégal figure également parmi les principaux contingents, avec environ 16 955 étudiants, devant la Tunisie, qui en comptait 15 224. La Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Congo et le Bénin figurent eux aussi parmi les pays africains les plus représentés.
D'autres pays connaissent une progression notable. Le Gabon, Madagascar et le Togo affichent notamment des hausses de leurs effectifs sur plusieurs années.
Cette dynamique pourrait toutefois être confrontée à une nouvelle réalité financière : plus le nombre d'étudiants candidats augmente, plus la capacité des familles à satisfaire aux nouvelles conditions de ressources devient déterminante.
Une exigence qui dépasse la simple formalité administrative
La justification des ressources constitue déjà une étape importante de la procédure de visa. Le nouveau seuil augmente cependant sensiblement la somme à réunir.
Les étudiants peuvent notamment s'appuyer sur leurs ressources personnelles, sur un garant ou sur une bourse, selon leur situation. Mais dans de nombreux cas, le financement repose largement sur la famille. L'augmentation du montant exigé peut alors contraindre certains ménages à mobiliser une épargne supplémentaire ou à rechercher de nouvelles sources de financement.
La difficulté est particulièrement sensible lorsque le garant réside dans un pays où les niveaux de revenus sont très éloignés de ceux observés en France. Le montant demandé doit en effet être démontré de manière suffisamment solide pour convaincre les autorités consulaires.
Un mécanisme appelé à évoluer
L'une des principales nouveautés du dispositif réside dans son indexation sur un indicateur lié au SMIC. Le seuil financier n'est donc plus simplement un montant administratif figé : il est susceptible d'être révisé périodiquement.
Cette évolution pourrait avoir des conséquences à moyen terme pour les candidats étrangers, notamment africains. Si le niveau de référence augmente avec le coût de la vie et les paramètres retenus par la réglementation française, le budget nécessaire pour préparer un projet d'études en France pourrait lui aussi progresser.
Le droit au travail accordé aux étudiants étrangers constitue une possibilité complémentaire pour financer une partie des dépenses quotidiennes. Cependant, cette possibilité ne résout pas la difficulté initiale : les ressources doivent être justifiées avant l'obtention du visa.
Un enjeu pour l'attractivité universitaire française
La hausse du seuil intervient alors que la France demeure une destination majeure pour les étudiants africains. Les universités et grandes écoles françaises bénéficient de cette mobilité internationale, tandis que de nombreux étudiants africains considèrent l'enseignement supérieur français comme une voie d'accès à des formations spécialisées et à une expérience internationale.
Le nouveau dispositif pourrait donc créer un débat entre deux objectifs : garantir que les étudiants disposent de moyens suffisants pour vivre en France et préserver l'accessibilité de la mobilité universitaire internationale.
Pour les futurs candidats, l'anticipation financière devient désormais un élément encore plus important du projet d'études. Au-delà de l'admission dans un établissement, la capacité à démontrer les ressources exigées pourrait peser lourdement dans la préparation du départ.
-
23:55
-
23:45
-
23:30
-
23:15
-
23:03
-
22:45
-
22:31
-
22:15
-
22:00
-
21:44
-
21:30
-
21:15
-
21:03
-
20:44
-
20:33
-
20:31
-
20:15
-
20:02
-
19:45
-
19:30
-
19:15
-
19:00
-
18:45
-
18:30
-
18:15
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:44
-
16:30
-
16:15
-
16:11
-
16:10
-
16:08
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:26
-
15:15
-
15:05
-
14:57
-
14:44
-
14:31
-
14:27
-
14:21
-
14:15
-
14:08
-
14:00
-
13:44
-
13:31
-
13:15
-
13:13
-
13:09
-
13:08
-
12:46
-
12:31
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:29
-
11:29
-
11:15
-
11:15
-
11:00
-
11:00
-
11:00
-
10:53
-
10:53
-
10:46
-
10:44
-
10:30
-
10:30
-
10:15
-
10:08
-
10:03
-
10:03
-
09:44
-
09:44
-
09:43
-
09:31
-
09:15
-
09:13
-
09:00
-
08:46
-
08:45
-
08:30
-
08:16
-
08:16
-
08:00
-
07:59
-
07:49
-
07:45
-
07:32
-
07:30
-
07:15
-
07:00
-
06:55