Visa H-1B : l’administration Trump suspend les privilèges migratoires de Microsoft
L’administration de Donald Trump durcit sa politique migratoire à l’égard des grandes entreprises technologiques. Microsoft a été exclu d’un programme permettant, sous certaines conditions, de faciliter l’accès de ses salariés titulaires d’un visa H-1B à la résidence permanente aux États-Unis. Annoncée jeudi 8 par le vice-président américain JD Vance, cette décision s’accompagne d’accusations d’abus du système, contestées par le groupe informatique.
La mesure ne concerne pas uniquement Microsoft. Plusieurs entreprises du secteur technologique et du conseil, dont le groupe français Capgemini, sont également visées par cette suspension, qui remet au premier plan le débat sur le recrutement de travailleurs étrangers qualifiés aux États-Unis.
Washington accuse Microsoft d’avoir abusé du système
Lors d’une conférence de presse, JD Vance a vivement critiqué les pratiques de recrutement de Microsoft, affirmant qu’aucune entreprise américaine n’avait davantage abusé du dispositif. Le vice-président a notamment évoqué les suppressions d’emplois américains et le recours parallèle aux visas de travail pour des salariés étrangers.
Selon les chiffres qu’il a avancés, Microsoft aurait supprimé 6 000 postes aux États-Unis en 2025, tout en obtenant 6 300 visas H-1B et près de 3 000 permis de résidence permanente pour ses employés.
JD Vance a dénoncé un système qu’il juge injustifié et affirmé vouloir y mettre un terme. Il a également appelé le groupe à privilégier le recrutement de travailleurs américains.
Microsoft conteste les accusations
Le géant technologique rejette cette présentation de ses pratiques. L’entreprise affirme que 80 % de ses demandes de visas H-1B au cours de son exercice fiscal 2026, achevé fin juin, concernaient des personnes déjà employées par le groupe.
Microsoft précise que les autres demandes portaient sur des personnes qui se trouvaient déjà légalement aux États-Unis. L’entreprise conteste ainsi l’idée selon laquelle son recours au dispositif servirait principalement à faire venir de nouveaux travailleurs étrangers.
Cette divergence met en évidence les tensions entre les objectifs affichés par l’administration américaine en matière d’emploi national et les besoins de recrutement des entreprises technologiques, qui s’appuient sur des profils spécialisés.
Capgemini et plusieurs groupes technologiques également visés
La suspension s’étend à plusieurs autres sociétés, notamment Adobe, Capgemini, Cognizant, Tata, Infosys, HCL et Wipro. Ces entreprises sont concernées par la restriction de l’accès au programme lié à la conversion de certains visas H-1B en permis de résidence permanente.
Le groupe français Capgemini n’avait pas réagi dans l’immédiat aux sollicitations rapportées dans les informations communiquées.
Le visa H-1B permet aux entreprises américaines de recruter des travailleurs étrangers qualifiés dans des domaines spécialisés. Selon les données fournies, 85 000 personnes ont obtenu ce type de visa l’année dernière. La suspension annoncée par Washington touche donc un mécanisme important pour les employeurs qui recrutent des compétences internationales.
Des enquêtes sur de possibles fraudes aux visas
JD Vance a également indiqué que plusieurs grandes universités américaines faisaient l’objet d’enquêtes portant sur de possibles fraudes liées à l’obtention de visas.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un groupe de travail créé par Donald Trump en mars pour identifier les fraudes dans l’attribution et l’utilisation des fonds et services du gouvernement fédéral. Le président américain en a confié la direction à son vice-président.
La démarche traduit la volonté de l’administration de renforcer les contrôles sur différents dispositifs fédéraux, dont ceux liés à l’immigration professionnelle.
Un contexte politique marqué par des signaux contradictoires
L’annonce concernant Microsoft intervient le même jour qu’une cérémonie au cours de laquelle Donald Trump a remis à Satya Nadella, directeur général du groupe, la médaille nationale de la technologie et de l’innovation.
Ce rapprochement souligne le contraste entre la reconnaissance officielle accordée au dirigeant d’une entreprise technologique majeure et les mesures prises simultanément contre le groupe sur le terrain migratoire.
Pour Microsoft et les autres entreprises concernées, la décision de Washington pose la question des conditions dans lesquelles les sociétés américaines pourront continuer à recruter et à conserver des salariés étrangers qualifiés. Elle ouvre également un nouveau front dans les relations entre l’administration Trump et le secteur technologique, autour de la priorité donnée à l’emploi américain et du contrôle des dispositifs d’immigration professionnelle.
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