Washington envisage une escalade militaire contre l’Iran, selon CNN
Les États-Unis étudieraient la possibilité d’utiliser leur bombe conventionnelle la plus puissante si Donald Trump décidait de reprendre les frappes contre l’Iran. Selon des informations rapportées par CNN, les scénarios militaires préparés par le Pentagone incluraient des infrastructures énergétiques et des installations nucléaires iraniennes, notamment un complexe soupçonné d’être enfoui sous le mont Kolang. Une telle option marquerait une nouvelle escalade dans les tensions entre Washington et Téhéran.
La MOAB parmi les options militaires étudiées
Selon CNN, qui cite des responsables proches du dossier, l’armée américaine envisage le recours à la GBU-43, également connue sous le nom de MOAB, pour Massive Ordnance Air Blast. Surnommée la « mère de toutes les bombes », cette arme conventionnelle est conçue pour produire un effet de souffle massif.
Elle n’a été utilisée qu’une seule fois par les États-Unis, en 2017, lors du premier mandat de Donald Trump. Elle avait alors visé des positions souterraines du groupe État islamique en Afghanistan.
D’après les informations rapportées par la chaîne américaine, les options élaborées à la demande de la Maison Blanche prévoiraient notamment des frappes contre des infrastructures énergétiques et des sites nucléaires iraniens. L’utilisation de la MOAB figurerait parmi les possibilités envisagées, sans qu’une décision définitive ait été annoncée.
Le mont Kolang au cœur des scénarios visant le nucléaire iranien
Parmi les cibles potentiellement concernées figure le mont Kolang, également appelé « Pickaxe Mountain ». Situé à proximité de l’ancien complexe nucléaire de Natanz, bombardé par les États-Unis en juin 2025, le site est soupçonné d’abriter une installation nucléaire profondément enfouie, dont la construction aurait commencé il y a plusieurs années.
Selon une source citée par CNN, le recours à la MOAB serait explicitement envisagé dans certains scénarios visant les installations nucléaires iraniennes.
Toutefois, l’efficacité de cette bombe contre des infrastructures profondément enterrées suscite des interrogations au sein même des milieux américains cités par la chaîne. Une source estime que cette arme est particulièrement adaptée à la destruction de vastes zones, mais qu’elle n’a pas été conçue pour pénétrer profondément dans le sol.
Ces réserves soulignent les limites opérationnelles d’une telle option, alors que la nature exacte des installations visées et les modalités d’une éventuelle intervention restent incertaines.
Des risques pour les populations civiles
L’éventuelle utilisation de la MOAB soulève également des inquiétudes concernant les conséquences humaines d’une frappe. L’ampleur de son effet de souffle pourrait entraîner de nombreuses victimes civiles si elle était employée à proximité de zones habitées.
Ces risques s’ajoutent aux interrogations sur l’efficacité militaire de l’arme contre des objectifs nucléaires enfouis. À ce stade, les informations disponibles portent sur des scénarios à l’étude et non sur une opération confirmée.
Contacté par l’Agence France-Presse, le Pentagone n’avait pas réagi au moment de la publication des informations rapportées.
Donald Trump maintient l’incertitude sur une reprise des frappes
La perspective d’une nouvelle opération militaire intervient dans un contexte politique sensible aux États-Unis. La semaine précédente, Donald Trump avait déclaré exclure de frapper l’Iran avant les élections législatives américaines du 3 novembre, un scrutin présenté comme difficile pour les républicains. Il avait également évoqué des discussions productives avec Téhéran.
Plusieurs médias américains ont néanmoins rapporté que la Maison Blanche avait demandé au Pentagone de préparer différentes options en vue d’éventuelles frappes avant les élections de mi-mandat.
Selon les sources citées par CNN, les plans demandés par le président incluraient un nombre important de cibles liées aux infrastructures énergétiques iraniennes. L’éventuelle utilisation de la MOAB ferait ainsi partie des scénarios étudiés, sans préjuger de la décision finale de Donald Trump.
Entre les contraintes militaires, les risques pour les civils et les enjeux politiques liés au calendrier électoral américain, la préparation de ces options témoigne de la persistance des tensions entre Washington et Téhéran.
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