Washington : vers une classification du Front Polisario comme groupe terroriste ?
Le Capitole monte d'un ton face aux dynamiques sécuritaires en Afrique du Nord et au Sahel. Lors d'une audition stratégique tenue ce mardi 21 avril 2026 devant la commission des affaires étrangères du Sénat, l'influence grandissante de Téhéran dans la région a focalisé les débats. Au centre des préoccupations : le Front Polisario, dont les activités font l'objet d'une surveillance accrue par les législateurs américains.
La crainte d'un scénario à la "Houthi" en Afrique de l'Ouest
Le sénateur Ted Cruz, figure de proue des Républicains, a vivement interpellé le département d’État sur l'évolution du mouvement séparatiste. Selon l'élu du Texas, le régime iranien chercherait à reproduire son modèle d'influence moyen-oriental sur le continent africain. « Au Sahara, l’Iran cherche à transformer le Front Polisario en une version ouest-africaine des Houthis », a-t-il martelé, évoquant une stratégie d'expansion de Téhéran via des relais régionaux.
L'accusation repose sur des soupçons de coopération technologique et militaire. Ted Cruz pointe notamment des transferts de drones, des échanges de renseignements et des livraisons d'armes impliquant les Gardiens de la révolution iraniens. Pour le sénateur, ces liens, s'ils sont corroborés, répondent aux critères légaux pour une classification du mouvement comme organisation terroriste étrangère (FTO).
Le département d’État en état de vigilance
La réponse de l'administration américaine ne s'est pas fait attendre. Monica Jacobsen, haute responsable du bureau de lutte contre le terrorisme, a confirmé que Washington suivait ces signaux avec une "attention particulière". Elle a souligné que l'instabilité chronique du Sahel, zone de prédilection pour les trafics et les groupes armés, constitue un terreau fertile pour l'ingérence d'acteurs extérieurs comme le Hezbollah ou les Gardiens de la révolution.
Le département d’État collabore actuellement avec les services de renseignement pour approfondir l'analyse de ces connexions. Cette vigilance s'inscrit dans une priorité stratégique plus large visant à démanteler les réseaux d'influence iraniens à l'échelle mondiale.
Vers une désignation comme organisation terroriste ?
La pression législative s'intensifie. Le Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026, déposé en mars dernier par un groupe de sénateurs incluant Tom Cotton et Rick Scott, gagne du terrain. Le texte vise à automatiser les sanctions — gel des avoirs et exclusion du système financier international — dès lors que la preuve d'une alliance logistique avec l'Iran est rapportée.
Cette initiative trouve un écho à la Chambre des représentants, où un projet similaire, porté par Joe Wilson et Jimmy Panetta, a vu son nombre de soutiens doubler depuis l'été 2025. Pour les partisans de ces textes, l'enjeu dépasse le conflit régional : il s'agit de prévenir la création d'un nouveau sanctuaire pour les intérêts iraniens aux portes de l'Atlantique.
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