World Press Photo 2026 : les cavalières marocaines de la Tbourida à l’honneur d’un projet primé
La scène internationale du photojournalisme met en lumière une facette singulière du patrimoine marocain. À l’occasion du World Press Photo Contest 2026, la photographe italienne Chantal Pizi s’est distinguée avec un projet consacré aux femmes cavalières de la Tbourida, révélant une transformation silencieuse mais profonde d’une tradition ancestrale.
Une reconnaissance internationale pour un sujet en mutation
Intitulé « Farisat: Gunpowder’s daughters », le projet s’impose parmi des dizaines de milliers de candidatures issues du monde entier. Il propose une immersion visuelle dans un univers longtemps réservé aux hommes : celui de la Tbourida.
À travers une approche artistique marquée, la photographe met en avant des scènes où puissance, précision et esthétique se conjuguent, offrant un regard renouvelé sur cette pratique.
La Tbourida, entre héritage et évolution
Inscrite dans l’histoire marocaine depuis plusieurs siècles, la Tbourida repose sur des démonstrations collectives de cavaliers exécutant des charges synchronisées ponctuées de tirs de fusil. Au-delà du spectacle, elle incarne un héritage culturel profondément ancré, mêlant traditions équestres, rituels et symbolique spirituelle.
Longtemps dominée par une participation exclusivement masculine, cette discipline connaît aujourd’hui une ouverture progressive aux femmes.
L’émergence des « farīsāt »
Le projet de Chantal Pizi met en lumière ces nouvelles figures féminines, appelées « farīsāt », qui investissent désormais cet espace traditionnel. Bien que leur nombre reste limité, leur présence traduit une évolution des mentalités et des pratiques.
Ces cavalières s’engagent souvent avec leurs propres moyens, assumant les coûts liés aux chevaux, aux équipements et aux préparatifs. Leur implication témoigne d’une volonté affirmée de s’inscrire dans un patrimoine longtemps inaccessible.
Un regard artistique engagé
Le jury du World Press Photo a salué une approche visuelle qui dépasse le simple reportage documentaire. Le projet propose une lecture sensible et contemporaine du rôle des femmes dans les traditions, en explorant les notions d’émancipation, d’identité et de transmission.
La démarche de la photographe s’inscrit dans une vision plus large, où le sport et les pratiques culturelles deviennent des vecteurs d’expression et de transformation sociale.
Une tradition réinterprétée par une nouvelle génération
Au-delà de la reconnaissance artistique, ce travail met en évidence une réalité en mouvement : celle d’un patrimoine qui se réinvente à travers les générations. L’intégration progressive des femmes dans la Tbourida illustre une dynamique d’ouverture, sans rupture avec les fondements traditionnels.
Dans cette rencontre entre héritage et modernité, les cavalières marocaines incarnent une nouvelle lecture de la culture, où la transmission se conjugue désormais avec inclusion.
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