Yémen : les Houthis frappent le palais présidentiel d’Aden avec deux missiles
Le conflit au Yémen connaît une nouvelle escalade. Les forces gouvernementales yéménites ont affirmé vendredi 30 octobre que les Houthis avaient tiré deux missiles balistiques sur le palais présidentiel de Maashiq, à Aden, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale. L’aéroport international de la ville a également été visé, selon les autorités militaires yéménites. Aucun bilan humain ni détail sur l’étendue des dégâts n’avait été communiqué dans les déclarations officielles disponibles.
Cette nouvelle attaque intervient après une première frappe contre le complexe présidentiel à la mi-octobre. Le 15 octobre, une attaque attribuée aux Houthis avait fait cinq morts et 16 blessés, selon les autorités sanitaires yéménites. Le Premier ministre Shaya al-Zindani et les autres membres du gouvernement présents sur place avaient été annoncés sains et saufs. Le mouvement houthi avait alors affirmé viser un centre de commandement militaire saoudien installé à Aden.
L’aéroport d’Aden également sous pression
L’aéroport international d’Aden figure lui aussi parmi les infrastructures touchées par cette série d’attaques. Le 28 octobre, deux missiles balistiques avaient déjà frappé l’installation, provoquant des dégâts matériels et faisant des blessés parmi les civils, selon les autorités militaires yéménites. Ces frappes répétées perturbent le trafic aérien et alimentent les inquiétudes concernant la sécurité des passagers et du personnel aéroportuaire.
Dans un contexte de multiplication des attaques, les habitants d’Aden redoutent une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire. Selon un reportage publié par Al Jazeera le 30 octobre, certains résidents ont commencé à constituer des réserves de produits essentiels et à préparer des itinéraires pour quitter la ville si les combats s’intensifient. Les frappes ont également perturbé la vie quotidienne, les activités commerciales et la fréquentation des établissements scolaires.
Une reprise des combats après plusieurs années d’accalmie
Aden occupe une place stratégique dans le conflit yéménite. Après la prise de Sanaa par les Houthis en 2014, le gouvernement reconnu internationalement s’était replié vers cette ville portuaire du sud, avec le soutien d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.
Les affrontements entre les forces gouvernementales et les Houthis avaient connu une période d’accalmie après la trêve de 2022. Toutefois, les hostilités ont repris en 2026, sur fond d’offensives territoriales, de frappes aériennes et d’attaques contre des infrastructures stratégiques. Les Houthis contrôlent toujours de vastes territoires dans le nord et l’ouest du pays.
Depuis septembre, leur offensive sur la côte de la mer Rouge a notamment entraîné la prise de positions stratégiques à proximité du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime essentiel pour le commerce international. En réaction, les forces gouvernementales ont lancé début octobre une opération militaire visant à reprendre les territoires perdus, avec l’appui aérien de la coalition dirigée par Riyad.
Des répercussions régionales et humanitaires
La multiplication des frappes contre Aden s’inscrit dans une confrontation régionale plus large impliquant les Houthis, l’Arabie saoudite et l’Iran. Riyad soutient les forces gouvernementales yéménites, tandis que les Houthis sont soutenus par Téhéran, qui nie toutefois toute implication directe dans leurs opérations militaires.
Les attaques contre les aéroports, les ports et les installations énergétiques font craindre une aggravation des conséquences économiques et humanitaires du conflit. La perturbation des transports et des approvisionnements pourrait accentuer les difficultés d’une population déjà confrontée à une situation économique et sécuritaire fragile.
La nouvelle frappe contre le palais présidentiel d’Aden illustre ainsi la vulnérabilité persistante des institutions gouvernementales yéménites et le risque d’une extension des combats. En l’absence de bilan détaillé pour l’attaque de vendredi, son impact immédiat reste à préciser, alors que les inquiétudes grandissent quant à la sécurité de la ville et de ses infrastructures civiles.
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