Yémen : plus de 80 combattants tués en 24 heures dans les affrontements autour de Taëz
Les combats entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite se sont intensifiés dans le sud-ouest du Yémen. Selon des sources des deux camps citées vendredi par l’AFP, les affrontements des dernières 24 heures ont fait plus de 80 morts parmi les combattants, tandis que les restrictions de circulation et les dégâts aux infrastructures aggravent les difficultés des populations civiles.
Le bilan communiqué fait état d’au moins 55 combattants anti-gouvernementaux tués, selon des sources militaires houthis, notamment lors de frappes aériennes. Du côté des forces gouvernementales, des sources militaires ont rapporté la mort de 26 soldats. Ces chiffres, attribués aux parties au conflit, n’ont pas été présentés comme un bilan indépendant.
Taëz au cœur d’une nouvelle escalade militaire
Les affrontements se déroulent sur plusieurs axes dans le gouvernorat de Taëz, notamment dans les zones intérieures et sur les hauteurs qui dominent des secteurs côtiers récemment passés sous contrôle houthi. La ville de Taëz, troisième agglomération du pays, demeure en grande partie aux mains des forces gouvernementales, malgré la pression militaire exercée autour de la région.
Les houthis cherchent à renforcer leur emprise territoriale et à isoler davantage les positions adverses. La destruction, jeudi, d’un pont reliant les zones contrôlées par le gouvernement à Aden illustre les conséquences stratégiques des combats sur les voies de communication. Aden accueille les autorités yéménites reconnues par la communauté internationale.
La multiplication des affrontements fait ainsi peser des risques sur les déplacements des habitants, mais aussi sur l’acheminement des biens et l’accès aux services essentiels dans les zones concernées.
L’ONU alerte sur les conséquences pour les civils
L’intensification des hostilités a suscité l’inquiétude de Hans Grundberg, envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen. Jeudi, celui-ci a fait état de rapports préoccupants concernant les victimes, les dommages infligés aux infrastructures et la fermeture de routes empêchant certains habitants de quitter les zones touchées.
Le gouvernorat de Taëz accueille actuellement une part importante des personnes déplacées par la reprise des combats, selon l’émissaire onusien. Cette concentration de populations fragilisées accroît les besoins en matière de protection et d’assistance humanitaire.
Les perturbations des axes routiers compliquent également les déplacements des civils et l’accès aux zones affectées. Face à cette situation, l’ONU insiste sur la nécessité de protéger les populations et les infrastructures civiles, tout en garantissant un accès sûr aux personnes ayant besoin d’aide.
Riyad et les houthis échangent des accusations
Les tensions dépassent le seul front de Taëz. Vendredi soir, le porte-parole des houthis, Yahya Saree, a accusé l’Arabie saoudite d’avoir mené 94 frappes aériennes contre le Yémen au cours des dernières 24 heures, notamment sur la capitale, Sanaa. Cette déclaration émane du mouvement et n’a pas été corroborée de manière indépendante dans les informations disponibles.
De leur côté, les autorités saoudiennes ont signalé des dégâts matériels après la chute d’un projectile attribué aux houthis sur une école à Najran, ville située près de la frontière yéménite. Ces déclarations illustrent la poursuite des attaques et des représailles dans un conflit dont les répercussions s’étendent aux zones frontalières.
Le détroit de Bab el-Mandeb, un enjeu régional majeur
La reprise des combats s’inscrit dans une nouvelle phase d’escalade du conflit yéménite, après plusieurs années de relative accalmie consécutives à la trêve négociée sous l’égide de l’ONU en 2022. Les hostilités ont repris en juillet, avant de s’intensifier en septembre avec une offensive houthie.
Les gains territoriaux revendiqués par le mouvement, notamment sur le littoral de la mer Rouge et dans les secteurs proches du détroit de Bab el-Mandeb, donnent une dimension régionale supplémentaire à la crise. Ce passage maritime constitue une voie stratégique pour le commerce international, reliant les routes maritimes entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez.
L’évolution de la situation autour de Taëz pourrait donc avoir des conséquences qui dépassent les lignes de front locales, tant sur le plan humanitaire que sur celui de la sécurité régionale et de la navigation commerciale. À court terme, l’attention reste portée sur l’intensité des combats, la protection des civils et la possibilité de maintenir des voies d’accès vers les zones touchées.
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