Zone euro : Olli Rehn juge la hausse des salaires modérée et écarte les effets inflationnistes de second tour
Le gouverneur de la Banque de Finlande et membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, Olli Rehn, estime que la progression des salaires dans la zone euro reste contenue. Il ne relève pour l’instant pas de signes manifestes d’un mécanisme de « second tour », dans lequel une accélération des rémunérations alimenterait à son tour une nouvelle hausse durable des prix.
Les salaires ne montrent pas de nouvelle poussée
Olli Rehn a livré mercredi un message plutôt rassurant sur l’évolution des rémunérations en Europe. Dans le texte d’un discours prononcé à Stockholm, le responsable finlandais a indiqué que la croissance des salaires et les perspectives salariales demeuraient modérées.
Cette appréciation est particulièrement suivie par la BCE, car l’évolution des rémunérations constitue l’un des indicateurs permettant d’évaluer la persistance des tensions inflationnistes.
Pour l’heure, Rehn ne constate pas de signes clairs d’effets de second tour. Autrement dit, la hausse des prix ne semble pas provoquer une spirale durable dans laquelle les salariés demanderaient des augmentations suffisamment importantes pour accroître les coûts des entreprises et provoquer, en retour, de nouvelles hausses de prix.
Les anticipations d’inflation restent déterminantes
Le responsable de la banque centrale finlandaise insiste toutefois sur un élément essentiel : la nécessité de maintenir les anticipations d’inflation solidement ancrées.
Pour la BCE, la stabilité de ces anticipations joue un rôle majeur dans la maîtrise de l’inflation à moyen terme. Si ménages, entreprises et salariés commencent à anticiper durablement une inflation élevée, ces attentes peuvent influencer les négociations salariales, les décisions de prix et, plus largement, les comportements économiques.
Olli Rehn estime donc que la situation actuelle reste favorable, mais qu’elle doit être préservée par une politique monétaire suffisamment crédible.
Un indicateur clé pour la politique monétaire
La question des salaires est particulièrement importante dans le contexte actuel. Les précédentes analyses de la BCE ont déjà relevé un ralentissement de la progression des rémunérations et l’absence, jusqu’à présent, de signes d’effets de second tour liés aux salaires. Les données de l’institution soulignent néanmoins que les salaires réagissent avec un certain décalage aux évolutions économiques.
Cette temporalité impose donc aux responsables monétaires de ne pas tirer de conclusions trop rapides à partir des seules données disponibles.
Une accélération future des rémunérations pourrait modifier l’évaluation des risques, notamment si elle venait à se conjuguer avec une remontée des anticipations d’inflation.
La BCE conserve une marge d’appréciation
Les propos d’Olli Rehn ne constituent pas une indication explicite sur la prochaine décision de taux de la BCE. Ils donnent néanmoins un éclairage sur l’un des éléments suivis par les membres du Conseil des gouverneurs.
La prochaine annonce de politique monétaire de la BCE est prévue le 10 septembre. D’ici là, l’évolution des prix, des salaires, des anticipations d’inflation et de l’activité économique continuera d’alimenter l’évaluation des risques.
Le message envoyé par Rehn est donc double : la dynamique salariale ne semble pas, à ce stade, constituer une nouvelle source majeure de pression inflationniste, mais la stabilité de cette situation dépendra notamment de la capacité de la BCE à préserver la confiance dans sa trajectoire de maîtrise des prix.
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