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Black-out à Berlin : l’Allemagne offre une récompense d’un million d’euros pour retrouver les auteurs du sabotage

Mardi 27 Janvier 2026 - 17:07
Black-out à Berlin : l’Allemagne offre une récompense d’un million d’euros pour retrouver les auteurs du sabotage

Début janvier, Berlin a vécu l’un des épisodes les plus critiques de son histoire récente. Une attaque ciblant une installation électrique dans le sud-ouest de la capitale allemande a provoqué un black-out d’ampleur, plongeant des dizaines de milliers de foyers dans le noir pendant plusieurs jours. Près d’un mois plus tard, l’enquête piétine. Face à l’absence de résultats tangibles, le gouvernement fédéral a annoncé mardi une mesure exceptionnelle : une récompense d’un million d’euros sera versée à toute personne fournissant des informations permettant d’identifier les auteurs.

L’annonce a été faite par le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, qui a reconnu publiquement l’impasse actuelle des investigations. « Le parquet fédéral et la police annoncent une récompense d’un million d’euros pour toute information menant aux responsables », a-t-il déclaré, soulignant la priorité absolue accordée à ce dossier.

Une panne historique aux conséquences lourdes

Le 3 janvier, un incendie criminel visant une installation électrique stratégique a privé d’électricité plus de 100.000 habitants de Berlin. Environ 45.000 foyers sont restés sans courant durant près d’une semaine. Chauffage à l’arrêt pour certains quartiers, coupures des réseaux mobiles et d’internet, perturbations massives des transports publics : la capitale allemande a fonctionné en mode dégradé jusqu’au 7 janvier, date du rétablissement progressif des services.

L’attaque a été revendiquée en ligne par un groupuscule d’extrême gauche se faisant appeler « Vulkangruppe ». Presque inconnu du grand public, ce nom apparaît pourtant régulièrement dans les dossiers des autorités allemandes depuis plus d’une décennie.

La piste persistante de la « Vulkangruppe »

Le parquet fédéral a rapidement ouvert une enquête pour « sabotage » et « appartenance à une organisation terroriste ». La Vulkangruppe avait déjà revendiqué une série d’actions depuis 2011, dont une attaque survenue en mars 2024 contre une usine Tesla située près de Berlin, où des lignes électriques alimentant le site avaient été incendiées.

Malgré ces précédents, les forces de sécurité n’ont, à ce jour, identifié ni auteurs, ni réseau structuré, ni complices avérés. Cette opacité renforce l’inquiétude autour de la capacité de ce type de groupuscules à frapper des cibles sensibles sans être détectés.

Une alerte sur la vulnérabilité des infrastructures

Au-delà de l’enquête judiciaire, l’affaire a mis en lumière la fragilité de certaines infrastructures critiques allemandes. Le fait qu’un seul site ait suffi à provoquer une panne d’une telle ampleur a suscité de vives interrogations sur l’absence de systèmes redondants capables de garantir la continuité de l’approvisionnement.

Dans un contexte où l’Allemagne alerte régulièrement sur des risques de sabotages et d’ingérences étrangères, notamment liés à la situation géopolitique en Europe, cet épisode a fait l’effet d’un électrochoc.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé que le Bundestag devrait examiner cette semaine un projet de loi destiné à renforcer la protection des infrastructures stratégiques. Un texte attendu de longue date, mais déjà critiqué par certains acteurs économiques et experts de la sécurité, qui le jugent trop lourd sur le plan administratif.

Transparence ou faille de sécurité ?

Une partie des critiques porte sur l’obligation faite aux opérateurs de fournir de nombreuses informations techniques, perçues comme autant de données sensibles susceptibles d’être exploitées. Alexander Dobrindt a lui-même reconnu que « nous divulguons déjà trop d’informations publiques concernant nos infrastructures critiques », promettant une révision de certains dispositifs.

Parallèlement, le ministre a assuré que la lutte contre les groupes d’extrême gauche impliqués dans des actions de sabotage serait intensifiée, en particulier à Berlin, où ce type de mouvance reste actif.

Une priorité politique assumée

Très critiqué pour la gestion de la crise, le maire de Berlin, Kai Wegner, a salué l’annonce de la récompense, estimant qu’elle prouve que l’arrestation des responsables est désormais « la plus haute priorité ». « Quiconque s’attaque à nos infrastructures critiques met délibérément en danger des vies humaines », a-t-il écrit sur X.

Entre impératif sécuritaire, pression politique et inquiétude de la population, l’affaire du black-out de Berlin s’impose désormais comme un dossier emblématique des nouveaux défis auxquels l’Allemagne est confrontée en matière de protection de ses infrastructures vitales.


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