Les enquêteurs espagnols sur la piste d’un nouveau tunnel de contrebande à Sebta
Les autorités espagnoles poursuivent leurs investigations autour d’un possible nouveau tunnel clandestin reliant l’enclave de Sebta à ses environs. Cette piste s’inscrit dans le prolongement d’une affaire déjà sensible liée à la découverte récente de passages souterrains utilisés pour le trafic de stupéfiants.
D’après plusieurs sources médiatiques espagnoles, les soupçons ont émergé à la suite de l’analyse d’écoutes téléphoniques et d’échanges entre membres présumés d’un réseau criminel actif dans la région. Ces éléments laissent envisager l’existence d’une infrastructure souterraine supplémentaire, qui aurait servi — ou aurait été destinée — à acheminer des cargaisons de drogue vers Sebta, avant leur redistribution vers le continent européen.
Ces nouvelles hypothèses interviennent peu de temps après la mise au jour de deux tunnels clandestins dans la zone du Tarajal. L’un d’eux, particulièrement élaboré, était équipé de rails, de wagonnets et d’un système de levage sophistiqué, facilitant le transport de grandes quantités de haschich.
Les enquêteurs cherchent désormais à confirmer l’existence de ce troisième tunnel, à en localiser l’emplacement exact et à établir d’éventuels liens avec le réseau démantelé lors de l’opération « Ares », qui a conduit à l’interpellation de dizaines de suspects.
Pour Abdelhamid Bajouki, spécialiste des relations maroco-espagnoles, cette succession de découvertes illustre une mutation des stratégies employées par les réseaux criminels. Selon lui, le renforcement des dispositifs de sécurité pousse ces organisations à innover constamment pour contourner les contrôles.
Il souligne que la coopération sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne, ainsi qu’avec l’Union européenne, joue un rôle déterminant dans la réduction des flux illicites. Cette coordination, renforcée ces dernières années, a permis de fermer plusieurs routes de trafic, obligeant les réseaux à développer des méthodes alternatives.
De son côté, l’expert sécuritaire Abderrahmane Mekkaoui met en avant la complexité croissante des moyens utilisés par ces organisations. Il rappelle que celles-ci ont, par le passé, tenté de s’implanter durablement au Maroc, sans succès. Aujourd’hui, elles privilégient des opérations transnationales reposant sur des technologies avancées.
Selon lui, les trafiquants ont successivement utilisé des avions légers, des drones, des embarcations télécommandées, voire des dispositifs submersibles, avant de recourir à des tunnels creusés dans des zones géographiques particulièrement difficiles.
La région frontalière autour de Sebta se distingue en effet par un relief accidenté et des formations rocheuses très dures, notamment granitiques. La construction de tunnels dans un tel environnement nécessite des équipements de forage de haute technologie, capables de pénétrer des masses rocheuses importantes.
Enfin, Mekkaoui évoque l’émergence de connexions entre mafias internationales, notamment d’Amérique latine et d’Europe. Ces alliances permettraient le développement de projets logistiques sophistiqués, générant des profits considérables, tout en complexifiant la tâche des autorités.
Malgré ces défis, les experts s’accordent à souligner que les dispositifs de lutte contre le crime organisé n’ont jamais été aussi développés. La coopération internationale et les avancées technologiques constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour contrer ces réseaux en constante évolution.
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