Le Congrès du Conseil de l’Europe exige la libération immédiate du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu
Le président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, Marc Cools, a exprimé ce lundi sa ferme condamnation de la détention du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, appelant à sa « libération immédiate ». Selon Cools, l'arrestation d'Imamoglu constitue une manœuvre politique visant à perturber l'équité des processus électoraux et à affaiblir la démocratie en Turquie.
Une détention aux motivations politiques
Marc Cools a vivement réagi à l’incarcération de l’opposant principal au président turc Recep Tayyip Erdogan, soulignant que « mettre le maire Imamoglu en prison quand il devait être choisi comme candidat à la présidence de son parti n’a rien à voir avec la justice, et tout à voir avec la politique ». L’arrestation de ce leader emblématique du Parti républicain du peuple (CHP), qui a été désigné comme candidat à la présidentielle turque de 2028, intervient après une élection primaire interne, renforçant les soupçons d’une manœuvre visant à nuire à sa carrière politique.
L'opposition turque dénonce cette détention comme une tentative de limiter l'influence d’Imamoglu, dont l'ascension a fortement fragilisé le pouvoir d'Erdogan, particulièrement après sa victoire en tant que maire d'Istanbul, un bastion traditionnel du pouvoir turc.
Un coup porté à la démocratie
Cools a insisté sur le fait que cette action n’était pas un simple épisode judiciaire, mais une véritable atteinte à la démocratie. « Il s’agit d’une manœuvre calculée visant à saper l’intégrité et l’équité des processus électoraux », a-t-il déclaré, tout en soulignant que la Turquie, en tant que membre du Conseil de l’Europe, avait pris des engagements clairs pour défendre les valeurs démocratiques, l’État de droit et les droits humains.
Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, un organe du Conseil de l’Europe comptant 306 membres représentant plus de 130 000 collectivités locales et régionales, a réaffirmé son rôle crucial dans la préservation de la démocratie locale.
La révocation du diplôme, une coïncidence suspecte ?
Marc Cools a également réagi à la révocation du diplôme d'Imamoglu par l’Université d’Istanbul, un acte survenu après son incarcération. Le président du Congrès a qualifié cette décision de « coïncidence » suspecte et a appelé l’université à revenir sur cette mesure. « Le lui retirer plus de trente ans après l’avoir obtenu, et au moment où il en avait besoin, ne peut être une coïncidence », a-t-il ajouté.
L’appel à un respect des engagements démocratiques
En conclusion, Marc Cools a exhorté les autorités turques à honorer leurs engagements envers la démocratie et les droits fondamentaux, en appelant à la libération d'Ekrem Imamoglu. L'attention internationale sur cette affaire est montée d’un cran alors que la session du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe se prépare à débuter jeudi à Strasbourg.