Arabie saoudite : un nouvel assouplissement sur l’alcool réservé aux étrangers fortunés
L’Arabie saoudite poursuit progressivement l’assouplissement de ses règles liées à l’accès à l’alcool, une démarche qui reste toutefois limitée à une catégorie bien précise de résidents : les étrangers non-musulmans les plus aisés. Depuis quelques jours, plusieurs expatriés installés à Riyad indiquent avoir pu acheter légalement des boissons alcoolisées dans le seul point de vente autorisé du pays, situé dans le quartier diplomatique de la capitale.
Selon leurs témoignages, seuls les résidents non-musulmans percevant plus de 50 000 rials saoudiens par mois soit l’équivalent d’un salaire élevé correspondant à des postes de direction peuvent désormais accéder à ce magasin. Cette possibilité, jusqu’à récemment réservée aux seuls détenteurs de passeports diplomatiques, avait déjà été élargie fin novembre aux bénéficiaires des « golden visas », ces permis de résidence premium instaurés en 2019 et proposés contre des frais importants pouvant atteindre 800 000 rials.
L’accès au magasin s’effectue de manière strictement contrôlée : les employés vérifient le numéro de titre de séjour des visiteurs et confirment leur niveau de revenus via une plateforme gouvernementale. Plusieurs expatriés racontent avoir été étonnés de constater que leur profil remplissait les conditions, leur permettant ainsi de réaliser leurs premiers achats.
L’engouement est immédiat chez les concernés. Certains décrivent une forme d’euphorie parmi les expatriés en apprenant cette nouvelle possibilité, longtemps inimaginable dans un pays où la vente et la consommation d’alcool restent interdites pour la grande majorité des habitants. Une source interne au magasin affirme d’ailleurs que plus de 12 500 détenteurs de « golden visas » se seraient déjà rendus sur place depuis le premier assouplissement.
D’autres villes pourraient suivre : des ouvertures de magasins similaires seraient envisagées à Djeddah et Dharan, deux pôles accueillant un nombre important d’étrangers.
Cet ajustement reflète l’ambitieuse stratégie de transformation engagée par le prince héritier Mohammed ben Salmane dans le cadre de Vision 2030, un programme visant à moderniser l’économie saoudienne et à attirer davantage d’investissements internationaux.
Pour autant, la consommation d’alcool demeure strictement prohibée pour l’immense majorité des 35 millions d’habitants du royaume. La détention, l’achat ou la consommation restent passibles de lourdes sanctions, allant des amendes à la prison, voire à l’expulsion pour les étrangers. L’interdiction, en vigueur depuis les années 1950, demeure l’un des piliers du cadre religieux qui régit le pays.
Si les autorités n’ont pas commenté ce nouvel assouplissement, celui-ci marque une étape supplémentaire dans la série de réformes sociales et économiques menées depuis plusieurs années, sans pour autant remettre en cause l’interdiction générale qui prévaut pour la population saoudienne.