Les Émirats renforcent leur stratégie d’investissement dans les provinces du Sud marocain
Les Émirats arabes unis s’apprêtent à renforcer significativement leur présence économique dans les provinces du Sud, en s’appuyant sur une alliance stratégique avec les États-Unis. Cette orientation intervient dans un contexte où Washington reconnaît officiellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara et encourage désormais les entreprises américaines à investir dans la région, selon des informations relayées par des sources spécialisées.
Un nouveau schéma de financement est en cours de structuration autour d’un partenariat associant capitaux émiratis, soutien de l’agence américaine DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et implication d’entreprises américaines intéressées par les perspectives économiques offertes dans ces territoires. Le rapport évoque également une possible participation de l’Exim Bank, ce qui donnerait une dimension supplémentaire à ce dispositif trilatéral.
Pour Abu Dhabi, l’objectif consiste à développer des projets conjoints par secteurs, afin de sécuriser ses investissements et de les inscrire dans la durée. Les priorités identifiées concernent les énergies renouvelables, le développement du port atlantique de Dakhla et l’essor des infrastructures stratégiques au cœur de l’ambition marocaine de faire de la région un pôle économique majeur.
Cette dynamique intervient quelques semaines après les déclarations du vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, affirmant que Washington encouragera activement les entreprises américaines souhaitant investir dans les provinces du Sud. À l’issue de ses entretiens à New York avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le responsable américain avait rappelé la solidité des relations bilatérales et la volonté de son pays de soutenir la stabilité et la prospérité économique dans la région.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la « partenariat innovant » signé en décembre 2022 entre SM le Roi Mohammed VI et le président des Émirats arabes unis, Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan. L’accord prévoit le financement par les Émirats de plusieurs projets stratégiques au Maroc, à travers des investissements directs, des fonds conjoints ou des mécanismes de financement adaptés.
Parmi les projets structurants figurent la transformation de l’aéroport de Dakhla en hub régional, la construction du port atlantique, le lancement du projet intégré « Dakhla Gateway to Africa », l’aménagement des littoraux de Dakhla et Tarfaya, ainsi que le développement de grands projets liés aux énergies renouvelables et à l’hydrogène vert. Le partenariat prévoit également des investissements dans la modernisation des aéroports de Casablanca, Marrakech et Nador.
Rabat et Abu Dhabi envisagent par ailleurs une coopération élargie en Afrique, à travers la mobilisation conjointe de leurs fonds souverains pour financer des projets structurants sur le continent, notamment dans l’énergie, les infrastructures et le transport. Le gazoduc Nigeria–Maroc figure parmi les projets susceptibles de bénéficier de ce rapprochement stratégique.
À travers cette convergence d’intérêts, le Maroc confirme l’attractivité de ses provinces du Sud, tandis que les Émirats et les États-Unis voient dans la région un espace d’opportunités économiques croissantes et un levier de stabilité régionale.