Urgent

Viabilité routière : le Maroc face à un réseau fragilisé par les intempéries hivernales

Vendredi 30 Janvier 2026 - 23:41
Viabilité routière : le Maroc face à un réseau fragilisé par les intempéries hivernales

Le début de l’année 2026 s’impose comme un test de résistance pour le réseau routier marocain. Entre chutes de neige persistantes, crues soudaines et glissements de terrain, les infrastructures routières font face à une succession d’épisodes météorologiques intenses qui compliquent la circulation et fragmentent le territoire. Le dernier bulletin de viabilité routière publié ce 30 janvier dresse le portrait d’un réseau en tension, malgré une mobilisation continue des services du ministère de l’Équipement et de l’Eau.

Des axes stratégiques dégagés, mais une vigilance permanente

Depuis la mi-janvier, les équipes techniques sont engagées dans une véritable course contre la montre. En l’espace de deux semaines, 105 sections routières ont pu être rouvertes à la circulation, permettant de rétablir des liaisons essentielles pour l’économie et la mobilité des personnes. Parmi les réouvertures les plus attendues figurent la route nationale N8 entre Ifrane et Azrou, ainsi que la N9 au niveau du col du Tichka, axe vital reliant Marrakech aux provinces du Sud.

Ces avancées n’effacent toutefois pas les difficultés persistantes. À la date du 30 janvier, 19 tronçons restent fermés à la circulation : sept en raison de l’enneigement, neuf à cause des crues et trois suite à des glissements de terrain ou éboulements. Dans plusieurs provinces de montagne, la situation demeure particulièrement délicate.

Montagnes enclavées et plaines inondées

La province de Taza concentre certaines des coupures les plus problématiques. Les routes N29 reliant Maghraoua à Bouiblane et R504 restent totalement impraticables, isolant des localités d’altitude sans solution de déviation. Des scénarios similaires sont observés à Azilal, Tinghir et Guercif, où l’enclavement temporaire complique l’acheminement des marchandises et l’accès aux services essentiels.

Dans les plaines, la menace prend une autre forme. Les crues des oueds transforment certaines routes en zones interdites. Dans la région de Sidi Kacem, la route régionale R418 a été submergée par les débordements de l’Oued Sebou et de l’Oued Baht. Plus au sud, l’Oued Oumeri a interrompu la liaison entre Sidi Yahya et Tifelt. À Sidi Bennour, la route nationale N11 a cédé sous la pression de l’Oued Bouchane, tandis qu’à Al Hoceima, une montée soudaine des eaux a suffi à bloquer la R509.

Des rétablissements progressifs, un défi structurel

Certaines zones retrouvent néanmoins une circulation quasi normale. Les provinces d’Ifrane, Sefrou, Boulemane et Taroudant ont bénéficié d’un retour progressif à la normale, tandis que la décrue a permis de rouvrir plusieurs ouvrages d’art à Chefchaouen et Chichaoua.

Au-delà des chiffres et des opérations d’urgence, cet épisode hivernal met en lumière une réalité plus profonde. La répétition d’événements climatiques extrêmes interroge la capacité du réseau routier à absorber ces chocs. Plus que le déneigement ou la réparation ponctuelle, l’enjeu devient structurel : renforcer la résilience des infrastructures, adapter les ouvrages hydrauliques aux crues de plus en plus imprévisibles et anticiper des hivers où l’exceptionnel tend à devenir la norme.


  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.