L’Espagne enverra un navire militaire pour sécuriser la flottille en route vers Gaza
Madrid a décidé d’agir. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé mercredi depuis New York l’envoi d’un navire de la marine afin de porter assistance, si nécessaire, à la flottille propalestinienne actuellement en route vers Gaza et qui affirme avoir été la cible d’attaques de drones au large de la Grèce. « Nous sommes préoccupés, et c’est pourquoi nous déploierons un navire afin que, si nécessaire, nos citoyens puissent être secourus et ramenés en Espagne », a-t-il précisé, ajoutant que le bâtiment appareillerait dès jeudi. L’Italie avait pris une décision similaire quelques heures plus tôt.
L’incident présumé, survenu dans la nuit de mardi à mercredi, a suscité de vives réactions internationales. L’ONU et l’Union européenne ont condamné ces « attaques » contre la flottille humanitaire, réclamant des enquêtes indépendantes et la fin de toute agression en mer. Les militants embarqués affirment avoir été visés par des drones équipés de dispositifs explosifs et incendiaires, ce qui aurait endommagé plusieurs navires.
À New York, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a qualifié l’initiative de la flottille de « dangereuse » et « irresponsable », tout en condamnant fermement les attaques. Elle a proposé une alternative : l’acheminement de l’aide via Chypre, en dehors de la zone de conflit. La diplomatie française a, de son côté, rappelé « l’importance du respect du droit international » et condamné « toute attaque en mer ».
Israël campe sur sa position, réaffirmant qu’aucun navire ne sera autorisé à briser le blocus maritime autour de Gaza. Tel-Aviv propose que l’aide humanitaire soit déchargée dans un port voisin pour être ensuite transférée « pacifiquement » vers le territoire palestinien.
La flottille, partie de Barcelone début septembre, rassemble une cinquantaine de bateaux transportant des centaines d’activistes venus de 45 pays, dont une soixantaine d’Italiens et plusieurs parlementaires européens. Son objectif est clair : forcer symboliquement le passage vers Gaza pour dénoncer le blocus imposé par Israël. Mais avec les attaques présumées de drones et les tensions diplomatiques qu’elles suscitent, la traversée s’annonce de plus en plus périlleuse.