Liban : la France envisage de maintenir une présence militaire après le retrait de la FINUL
La France se dit prête à poursuivre son engagement militaire au Liban au-delà du mandat actuel de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le départ est envisagé à la fin de l’année. Cette éventualité dépendra toutefois des besoins exprimés par les autorités libanaises, dans un contexte régional marqué par des évolutions diplomatiques inédites.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que Paris était disposé à maintenir des soldats français sur le territoire libanais afin de contribuer à la stabilité du pays, sous réserve d’une concertation étroite avec Beyrouth.
Cette position s’inscrit dans la continuité de l’engagement de longue date de la France au sein de la FINUL, mission déployée depuis 1978 dans le sud du Liban pour superviser la cessation des hostilités et soutenir le maintien de la paix.
Dans le cadre de l’opération « Daman », près de 700 militaires français sont actuellement mobilisés au sein de la mission onusienne. Ils participent notamment à la Force Commander Reserve, une unité d’intervention rapide chargée d’appuyer les Casques bleus en cas de dégradation de la situation sécuritaire.
Au-delà de la question militaire, la diplomatie française souhaite relancer la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, initialement prévue à Paris le 5 mars dernier. Reportée en raison des tensions au Moyen-Orient, cette rencontre vise à renforcer les capacités des forces armées libanaises et à consolider les institutions de l’État.
Selon Jean-Noël Barrot, les récents échanges engagés entre le Liban et Israël au plus haut niveau constituent une avancée majeure pour la région. Le chef de la diplomatie française estime que cette dynamique ouvre la voie à une stabilisation durable, à condition de garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.
Le ministre a également rappelé que le protocole d’accord conclu entre les présidents américain et iranien prévoit une cessation des hostilités à l’échelle régionale, incluant le territoire libanais. Cet accord implique notamment le retrait des forces israéliennes du Liban et le désarmement du Hezbollah.
Alors que la situation sécuritaire demeure fragile, Paris entend maintenir son rôle de partenaire clé dans les efforts de stabilisation du pays. L’avenir de la présence militaire française au Liban dépendra désormais de l’évolution du contexte régional et des orientations prises par les autorités libanaises dans les prochains mois.