Donald Trump impose de nouveaux tarifs douaniers à 14 pays à partir du 1er août
Le président des États-Unis, Donald Trump, a intensifié lundi sa politique commerciale offensive en annonçant une hausse généralisée des droits de douane envers 14 pays, dont le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande, l’Indonésie ou encore le Bangladesh. Cette décision marque une nouvelle escalade dans la guerre commerciale lancée en avril et fixe une nouvelle échéance au 1er août pour parvenir à des accords bilatéraux.
Dans les lettres adressées aux pays concernés, publiées sur la plateforme Truth Social, Trump propose des marges de négociation tout en menaçant de surenchère : « Si vous décidez d’augmenter vos droits de douane, quel que soit le pourcentage, il s’ajoutera aux 25 % que nous appliquons », a-t-il écrit à l’intention du Japon et de la Corée du Sud.
Les nouveaux tarifs entreront en vigueur le 1er août. Ils s’appliqueront aux importateurs américains sur l’ensemble des biens concernés, mais sans se cumuler avec les hausses sectorielles précédemment annoncées, notamment dans l’automobile ou l’acier.
Parmi les pays les plus affectés, le Japon et la Corée du Sud, pourtant alliés historiques des États-Unis. Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a confirmé l’ouverture de discussions : « Nous avons reçu une proposition des États-Unis pour accélérer les négociations d’ici la date limite du 1er août », a-t-il déclaré mardi en conseil des ministres.
La Corée du Sud a également annoncé vouloir intensifier le dialogue, en insistant sur l’intégration de dispositions spéciales pour l’automobile et l’acier.
D’autres pays, comme la Thaïlande, la Malaisie ou l’Indonésie, ont exprimé leur volonté de préserver des relations commerciales équilibrées avec Washington, tout en s’inquiétant de l’impact économique. La Malaisie, par exemple, a reconnu les préoccupations américaines liées aux déséquilibres commerciaux, tout en appelant à des solutions par le dialogue.
Parmi les pays les plus durement frappés, on retrouve : le Laos et le Myanmar (40 %), le Cambodge et la Thaïlande (36 %), la Serbie et le Bangladesh (35 %), l’Indonésie (32 %), l’Afrique du Sud et la Bosnie-Herzégovine (30 %), et la Tunisie, le Kazakhstan et la Malaisie (25 %).
Le secteur textile bangladais, fortement dépendant du marché américain, s’est dit sous le choc. Mahmud Hasan Khan, président de l’Association des exportateurs de vêtements, a déclaré : « Nous espérions des tarifs entre 10 et 20 %. Cette décision va gravement nuire à notre industrie. »
Du côté de l’Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a dénoncé une mesure « injustifiée », arguant que 77 % des produits américains entrent librement sur le marché sud-africain. Des pourparlers sont en cours avec Washington.
Les marchés financiers américains ont réagi négativement : le S&P 500 a reculé de 0,8 % lundi. En Asie, l’impact a été plus modéré, le Nikkei japonais parvenant à regagner ses pertes initiales tandis que l’indice sud-coréen a bondi de 1,8 %.
Selon Tapas Strickland, économiste à la National Australia Bank, « une forte volatilité est attendue à mesure que d’autres lettres seront rendues publiques et que les négociations s’intensifieront avant le 1er août. »
À ce jour, seuls le Royaume-Uni et le Vietnam ont conclu des accords bilatéraux avec les États-Unis. Un accord avec l’Inde serait imminent. Quant à la Chine, elle a jusqu’au 12 août pour éviter un rétablissement de nouvelles taxes. Pékin a d’ores et déjà prévenu qu’elle pourrait riposter si des pays partenaires cherchent à l’exclure de certaines chaînes d’approvisionnement.
La Maison Blanche a également adressé des avertissements aux pays membres des BRICS réunis au Brésil, menaçant d’une surtaxe de 10 % supplémentaire si des politiques jugées « anti-américaines » étaient adoptées.
Selon des sources européennes citées par Reuters, l’Union européenne ne figure pas parmi les pays visés par la nouvelle vague tarifaire. Des négociations sont toujours en cours, et un accord avec Washington pourrait être finalisé avant mercredi.
Alors que le monde se fragmente en blocs commerciaux concurrents, Donald Trump poursuit sa stratégie de bilatéralisation des échanges, quitte à fragiliser des partenaires historiques et à perturber les marchés mondiaux. Une approche offensive, aux conséquences encore incertaines.