Hydrogène vert : Le Maroc en tête des financements non souverains de l’AFD en 2024
Le Maroc s’impose comme leader des financements non souverains de l’AFD en 2024 grâce à un projet d’envergure dans l’hydrogène vert.
En 2024, le Maroc a consolidé sa position stratégique sur la scène du développement durable en devenant le principal bénéficiaire des financements non souverains octroyés par l’Agence française de développement (AFD) et sa filiale Proparco, dédiée au secteur privé. Le Royaume a notamment obtenu un prêt historique de 350 millions d’euros, le plus important jamais accordé par l’organisme public, destiné à soutenir l’Office chérifien des phosphates (OCP) dans sa transition vers l’hydrogène vert.
Ce financement majeur traduit l’engagement du Maroc dans une stratégie énergétique tournée vers l’avenir, où l’hydrogène vert est perçu comme un levier clé pour une croissance durable. L’OCP, acteur industriel de premier plan au Maroc, entend ainsi décarboner ses activités tout en contribuant à positionner le pays comme un futur hub énergétique en Afrique et au-delà.
Selon le rapport annuel publié par Proparco, le continent africain a reçu 47 % des montants contractualisés en 2024, soit 1,3 milliard d’euros sur un total de 2,8 milliards. L’Amérique latine arrive en deuxième position avec 594 millions d’euros, suivie par le Moyen-Orient (215 millions) et l’Asie (199 millions). Au total, 200 projets ont été contractualisés à l’échelle mondiale.
Parmi les principaux bénéficiaires africains figurent également trois entreprises : Jolaks, Beacon Power Services (BPS) et One Acre Fund. La première, spécialisée dans l’agroalimentaire et basée en Sierra Leone, a reçu 20 millions de dollars pour sa raffinerie d’huile de palme, une activité générant 70 % de son chiffre d’affaires. BPS, quant à elle, a obtenu un appui de 3 millions de dollars pour optimiser la distribution d’électricité dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Enfin, One Acre Fund, organisation de soutien aux petits exploitants agricoles, a bénéficié d’un prêt de 10 millions de dollars pour élargir l’accès aux intrants agricoles et renforcer les formations sur le terrain.
« Nos engagements ne se limitent plus à l’investissement : nous œuvrons désormais à fédérer les investisseurs privés, qu’ils soient nationaux ou internationaux », a souligné Françoise Lombard, directrice générale de Proparco, dans une déclaration transmise à l’AFP.
La position du Maroc dans ce dispositif financier illustre non seulement sa place privilégiée dans la stratégie de coopération bilatérale franco-marocaine, mais également son rôle moteur dans les transformations économiques et énergétiques du continent. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique renforcé, marqué par la reconnaissance croissante de la souveraineté marocaine sur le Sahara par plusieurs partenaires internationaux, dont la France.
Le prêt consenti à l’OCP pourrait ainsi marquer un tournant, non seulement pour l’industrie marocaine, mais aussi pour la transition énergétique en Afrique, où l’hydrogène vert se profile comme une solution d’avenir face aux défis climatiques.