Cryptomonnaies : le Maroc confirme sa progression et se hisse dans le Top 25 mondial selon Chainalysis
Le Maroc consolide sa place parmi les pays les plus actifs en matière d’adoption des cryptomonnaies. Selon le rapport 2025 publié par la plateforme spécialisée Chainalysis, le Royaume occupe la 24ᵉ place mondiale, devant des marchés africains reconnus comme l’Égypte, le Kenya ou l’Afrique du Sud. Une performance notable, alors même que le cadre réglementaire marocain encadrant les actifs numériques n’est pas encore finalisé.
Dans la région MENA, le Maroc se classe parmi les pays les plus dynamiques, aux côtés de la Turquie, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Les données du rapport indiquent une adoption équilibrée, portée à la fois par les utilisateurs individuels et des flux institutionnels en progression. Le Royaume se positionne notamment à la 20ᵉ place mondiale en matière de valeur reçue via les services centralisés de détail, et à la 25ᵉ place pour les services DeFi, un indicateur révélateur d’un intérêt croissant pour les protocoles financiers décentralisés.
Cette montée en puissance intervient dans un contexte où la région MENA enregistre une croissance de 33% des échanges crypto entre juillet 2024 et juin 2025, avec un pic marqué à la fin de l’année 2024. Si certains pays voisins utilisent les cryptomonnaies comme refuge financier, levier spéculatif ou outil de contournement des sanctions, l’usage marocain semble davantage s’inscrire dans une logique d’intégration progressive, soutenue par une demande volontaire des utilisateurs à la recherche de nouvelles formes de paiement, d’épargne ou de transfert.
À l’échelle mondiale, l’indice Chainalysis est dominé par l’Inde, les États-Unis, le Pakistan, le Vietnam et le Brésil. Plusieurs économies émergentes occupent le haut du classement, où l’adoption est souvent liée à des enjeux d’inclusion financière, de volatilité monétaire ou de développement de services numériques innovants.
Pour le Maroc, la suite dépendra largement du cadre légal en cours d’élaboration par Bank Al-Maghrib et l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), qui travaillent depuis 2022 sur une loi dédiée aux actifs numériques. L’enjeu est d’équilibrer innovation et protection : accompagner l’essor d’une économie digitale sans encourager les risques liés à la fraude ou au blanchiment.
En intégrant le Top 25 mondial, le Royaume confirme sa capacité à s’adapter aux transformations financières internationales. À l’heure où les cryptomonnaies s’imposent comme un levier de résilience et d’ouverture, le Maroc dispose désormais d’une base solide pour structurer une stratégie nationale capable de transformer cette dynamique en opportunité économique durable.