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L’Uruguay et la Gauche Latino-Américaine en deuil après la mort de José "Pepe" Mujica

Mercredi 14 Mai 2025 - 07:35
L’Uruguay et la Gauche Latino-Américaine en deuil après la mort de José "Pepe" Mujica

L’ancien président uruguayen José "Pepe" Mujica s’est éteint mardi 13 mai 2025 à l’âge de 89 ans, emporté par un cancer de l’œsophage qu’il avait lui-même révélé en 2024. À peine annoncée, sa disparition a suscité une vive émotion en Uruguay et dans toute l’Amérique latine, où cette figure charismatique de la gauche humaniste et anticonsumériste était unanimement respectée.

Le président uruguayen actuel, Yamandu Orsi, dont Mujica avait soutenu la candidature lors de la présidentielle de 2024, a salué son prédécesseur avec un message sobre mais puissant : « Merci », accompagné d’une vidéo hommage. Trois jours de deuil national ont été décrétés, et une veillée funèbre est prévue au Palais législatif de Montevideo.

Ancien guérillero tupamaro, Mujica avait passé plus d’une décennie en prison sous la dictature militaire avant de devenir l’un des dirigeants les plus atypiques du continent. Élu président de la République en 2010, il avait marqué les esprits par son style de vie austère, refusant les privilèges du pouvoir, vivant dans sa modeste ferme, et reversant une grande partie de son salaire présidentiel à des œuvres sociales.

Dans les rues de Montevideo, l’émotion est palpable. « C’était un homme bien, humble, proche des gens », témoigne Carlos Casal, un retraité de 71 ans. D’autres, comme Walter Larus, serveur dans un café de la capitale, regrettent un « politicien comme on n’en fait plus », capable de porter les préoccupations des plus modestes avec authenticité. Pour le sociologue Alvaro Paciello, Mujica reste un leader qui « a inspiré des millions de personnes à travers le monde à croire en un avenir plus solidaire ».

Même affaibli par la maladie, Mujica n’avait pas abandonné son engagement. En 2024, il s’était activement impliqué dans la campagne présidentielle de son parti, le Frente Amplio, confirmant sa volonté d’œuvrer jusqu’au dernier souffle pour les causes progressistes.

Les hommages ont afflué de toute l’Amérique latine. Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil, a salué la « grandeur humaine » de Mujica, tandis que son homologue mexicaine Claudia Sheinbaum a évoqué « un exemple pour le continent et pour le monde ». Evo Morales a résumé l’émotion générale : « Toute l’Amérique latine est en deuil ». En Colombie, Gustavo Petro a salué un « grand révolutionnaire ».

Au-delà du continent, des voix européennes ont également salué sa mémoire. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a écrit : « Merci pour tout le courage que tu nous as donné. Adieu Pepe ».

José Mujica laisse derrière lui l’image d’un président atypique et d’un homme profondément enraciné dans ses convictions. Sa sobriété, son franc-parler et sa vision d’un monde plus juste ont fait de lui une figure respectée bien au-delà des clivages politiques.

Mardi soir, à Montevideo, des jeunes militants de son Mouvement de participation populaire (MPP) préparaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Hasta siempre, Pepe ». Un dernier message à celui qui a incarné, mieux que quiconque, l’idée d’une politique au service de l’humain.


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