Maroc : les tensions au Moyen-Orient ravivent les inquiétudes sur les prix du gasoil
La hausse des tensions géopolitiques au Moyen-Orient fait ressurgir au Maroc les inquiétudes autour de l’évolution des prix des carburants. Dans ce contexte, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole alerte sur le risque d’une nouvelle flambée des tarifs à la pompe, notamment pour le gasoil, dont le prix pourrait approcher les 15 dirhams le litre si les perturbations sur les marchés internationaux s’accentuent.
Dans un communiqué, l’organisation souligne que l’escalade militaire dans la région, marquée par l’intensification des tensions entre États-Unis et Israël d’un côté, et Iran de l’autre, pourrait provoquer d’importantes turbulences sur les marchés énergétiques mondiaux. Une telle situation aurait des répercussions directes sur les pays fortement dépendants des importations de produits pétroliers, comme le Maroc.
Une pression accrue sur le pouvoir d’achat
Selon les défenseurs de la raffinerie, une nouvelle hausse du prix du pétrole brut pourrait rapidement se répercuter sur les tarifs du gasoil et de l’essence. Le gasoil, carburant central pour le transport routier, l’agriculture et plusieurs secteurs productifs, constitue un élément clé dans la formation des prix.
Une augmentation significative de son coût risquerait ainsi d’entraîner une hausse des frais logistiques, avec des conséquences en chaîne sur les prix des produits alimentaires et des services. Cette situation pourrait accentuer la pression sur le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte déjà marqué par l’inflation mondiale.
Certains observateurs évoquent également le risque d’un scénario comparable à celui observé après la crise provoquée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine en 2022, ou encore les perturbations économiques liées à la pandémie de COVID-19.
La souveraineté énergétique au cœur des discussions
Au-delà de la question conjoncturelle des prix, cette situation relance un débat plus large sur la souveraineté énergétique du Maroc. Le Front de défense de la raffinerie estime que la fermeture de l’unique raffinerie du pays, La Samir, située à Mohammedia, a renforcé la dépendance du pays aux fluctuations du marché international.
Pour l’organisation, la remise en service de cette infrastructure pourrait contribuer à mieux sécuriser l’approvisionnement national, améliorer la gestion des stocks stratégiques et limiter l’impact des hausses brutales des prix sur le marché local.
Plusieurs pistes sont évoquées pour relancer l’activité de la raffinerie, notamment un transfert de ses actifs à l’État ou la mise en place d’un partenariat public-privé afin de permettre sa réhabilitation.
Vers une réflexion globale sur la politique énergétique
Les défenseurs de La Samir appellent également à l’ouverture d’un débat national sur la stratégie énergétique du pays. L’objectif serait d’identifier des solutions permettant de renforcer l’indépendance énergétique du Maroc et de réduire sa vulnérabilité aux chocs externes.
Parmi les orientations suggérées figure l’accélération du développement du gaz naturel pour la production d’électricité et les usages industriels, afin de diversifier les sources d’énergie. L’organisation plaide également pour une révision du système de libéralisation des prix des carburants, estimant qu’un mécanisme de régulation pourrait mieux protéger les consommateurs tout en préservant l’équilibre du marché.
Dans un contexte international incertain, la question énergétique revient ainsi au cœur des préoccupations économiques du Royaume, entre impératif de sécurité d’approvisionnement et protection du pouvoir d’achat.
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