Maroc : face à la flambée des prix du poisson, le plafonnement se profile comme ultime recours
Le marché halieutique marocain traverse une période de forte tension. Alors que le kilogramme de sardine atteint 50 dirhams dans certaines régions, le débat sur l’encadrement administratif des prix refait surface. Cette mesure, envisagée comme un instrument de régulation face à la spéculation, intervient dans un contexte où la rareté de la ressource et la complexité des circuits d’approvisionnement pèsent sur l’accès des consommateurs à ce produit de première nécessité.
Depuis le 1ᵉʳ février, le Maroc a suspendu sine die l’exportation de sardines congelées. Cette décision vise à préserver les stocks locaux et à freiner l’envolée des prix sur le marché intérieur. Les professionnels de la filière, notamment l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop), alertent depuis plusieurs années sur la diminution continue des débarquements, qui ont chuté de 46 % en 2024, passant de près d’un million à 525 000 tonnes, selon l’agence Reuters.
Cette raréfaction a entraîné une hausse des prix de l’ordre de 60 %, exerçant une pression sur les coûts de production et la compétitivité des entreprises. Les autorités soupçonnent également des pratiques de collusion entre certains acteurs du marché, le Conseil de la concurrence ayant ouvert en mai 2025 une enquête sur de possibles ententes tarifaires.
Des causes multiples et structurelles
Au-delà de la spéculation, la contraction des captures s’explique par des facteurs écologiques et structurels. Les dérèglements climatiques affectent la biomasse et la disponibilité des espèces, tandis que l’offre halieutique reste rigide à court terme en raison de la saisonnalité et des quotas. Dans ce contexte, le prix du poisson devient le principal mécanisme d’ajustement face à la rareté.
La formation des prix intègre également les coûts logistiques : transport frigorifique, conservation et multiplicité des intermédiaires. Les marges cumulées peuvent donner l’impression d’une rente injustifiée, alors qu’une partie significative correspond à des coûts réels. Imposer un prix plafond au détail risque donc de générer des pénuries, des arbitrages informels et un accès privilégié pour certains consommateurs avertis.
Vers des alternatives plus ciblées
Les experts estiment qu’une action plus efficace consisterait à intervenir sur les déterminants de la marge et la productivité. La transparence des prix en criée, la traçabilité numérique des transactions, l’encadrement temporaire des marges brutes et l’amélioration de la chaîne du froid peuvent réduire le prix d’équilibre sans perturber le signal économique. De même, la rationalisation des circuits courts et la coopération accrue entre pêcheurs et transformateurs renforcent l’offre effective.
Face à cette flambée, le gouvernement marocain doit donc concilier protection des consommateurs et incitation à la production, tout en luttant contre les abus et pratiques collusives, afin d’assurer la durabilité de la filière halieutique nationale.
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