Urgent 15:15 HPS accélère sa croissance au premier semestre 2026, portée par l’international et l’innovation 14:45 Sofyan Amrabat affiche ses ambitions avec l’Ajax : « Je veux gagner des trophées » 14:30 Jeux méditerranéens 2026 : le Maroc s’offre le bronze après une démonstration face à l’Italie 13:15 Fruits prédécoupés sans réfrigération à Harhoura : le rayon de Carrefour soulève des questions 12:30 Montréal : le consulat marocain renforce ses services de proximité pour la communauté 12:15 Tanger Med : l’activité portuaire progresse de 6 % au premier semestre 2026 12:00 Med Paper : le chiffre d’affaires recule au premier semestre malgré une dette en baisse 11:45 Législatives 2026 au Maroc : le calendrier et les étapes pour déposer sa candidature 10:01 Maroc : Aziz Akhannouch représente Sa Majesté le Roi Mohammed VI au sommet extraordinaire de l’UA à Luanda 10:00 Salafin : le financement automobile soutient l’activité au premier semestre 2026 09:45 CAN féminine 2026 : le Maroc domine l’Algérie et valide son billet pour les quarts de finale 09:30 Casablanca : les anciens étudiants marocains aux États-Unis mobilisés pour renforcer les liens entre les deux pays 09:15 App Store : Apple applique désormais la TVA de 20 % au Maroc 09:00 Maroc-Sénégal : rabat et dakar réaffirment une relation stratégique au cœur des équilibres africains 08:30 Dakhla : la Marine Royale intercepte une embarcation avec 201 candidats à la migration irrégulière 17:45 Créances en souffrance : un fonds de 60 millions d’euros pourrait accélérer le nettoyage des bilans bancaires au Maroc 16:30 Luanda : le Maroc défend une approche préventive pour renforcer la paix et la sécurité en Afrique 16:00 Festival national du théâtre : les troupes marocaines disposent d’un délai supplémentaire pour candidater

Le chaînon manquant de notre ambition industrielle

Lundi 15 Décembre 2025 - 12:43
Par: Sabri Anouar
Le chaînon manquant de notre ambition industrielle

Le Maroc est en train de bâtir une industrie nationale plus robuste, plus diversifiée, plus ambitieuse. Cette dynamique est réelle. Elle se voit dans les investissements, les plateformes industrielles, les chaînes de valeur qui se structurent.
Mais une industrie ne se résume jamais à des équipements, des zones ou des incitations financières. Elle repose d’abord sur une architecture humaine et intellectuelle : l’ingénieur, l’entreprise et le territoire.

Or, c’est précisément à ce niveau que se joue aujourd’hui l’enjeu le plus stratégique.

Du technicien spécialisé à l’ingénieur systémique

Le monde industriel a profondément changé.
Nous sommes passés d’un modèle fondé sur l’ingénieur du XXᵉ siècle — hautement spécialisé, souvent cantonné à une fonction technique — à un ingénieur du XXIᵉ siècle, multidimensionnel, capable de penser simultanément la technologie, l’économie, la transformation numérique et l’impact organisationnel.

Ce nouvel ingénieur ne se contente pas d’exécuter.
Il analyse, arbitre, anticipe.
Il crée de la valeur, structure l’innovation et participe aux choix stratégiques.

Ce sont ces profils qui, partout dans le monde, donnent à l’industrie sa dimension souveraine.

Une industrie qui progresse… sur une base encore importée

Le paradoxe marocain est là :
Notre industrie avance, mais son socle technologique demeure largement importé.

Ce constat n’est ni idéologique ni alarmiste. Il est même compréhensible dans les phases initiales d’industrialisation. Mais il devient problématique dès lors que l’on vise la montée en gamme, la résilience et la capacité de décision.

Une industrie qui ne maîtrise pas ses compétences clés finit toujours par dépendre des choix faits ailleurs.

Le facteur territorial : l’angle mort du débat

À cette dépendance technologique s’ajoute une autre fracture, moins visible mais tout aussi structurante : l’inégalité territoriale des capacités d’accompagnement.

L’exemple est parlant : à quelques kilomètres de grands pôles industriels, certaines zones restent privées de véritables écosystèmes d’ingénierie et de tissus de PME soutenus par les compétences adéquates.
Les opportunités existent. Les investissements sont là. Mais l’ancrage local de la valeur ajoutée reste faible.

Sans ingénieur intégré au territoire, l’industrie devient une enclave.
Avec lui, elle devient un levier de développement.

Changer de logique : penser l’ingénierie comme politique industrielle

Il est temps de cesser de traiter la formation comme un secteur autonome.
Elle doit être pensée comme un pilier central de la politique industrielle.

Concrètement, une approche industrielle territoriale pourrait s’appuyer sur trois leviers simples et réalistes :

  1. L’intégration de l’ingénieur dans les mécanismes de financement et d’incitation, afin de faire du capital humain un critère aussi déterminant que l’investissement matériel.
  2. Des contrats industriels régionaux clairs, alignant formation, besoins des entreprises et priorités territoriales.
  3. Des unités d’innovation ancrées localement, capables de connecter ingénieurs, PME et marchés.

La souveraineté industrielle commence par l’intelligence collective

L’industrie moderne est une chaîne cohérente :
un ingénieur qui pilote,
des entreprises qui innovent,
et un territoire qui en bénéficie.

Lorsque cette boucle fonctionne en harmonie, la souveraineté industrielle cesse d’être un slogan. Elle devient un résultat.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire davantage, mais de décider mieux, ici, avec nos compétences, et pour l’ensemble de nos territoires.


  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.