Urgent 09:40 Bourse de Casablanca : Attijariwafa bank confirme son rôle clé dans le succès de l’IPO de T2S 09:08 ATA Value Capital accélère son développement à El Jadida avec deux nouvelles enseignes à Sela Park 08:18 Ceuta : un rapport cite des groupes liés à l'Algérie dans une vaste campagne sur les réseaux sociaux 08:13 Bank Al-Maghrib publie les cours de change des principales devises pour le 3 août 08:02 Décès de Jilali Gharib : le football marocain perd un pionnier de l’arbitrage international 08:01 Maroc : le numérique et l’intelligence artificielle au cœur du nouveau modèle de croissance 07:30 Revue de presse : sécurité, gouvernance, économie et sport au cœur de l'actualité 07:29 Le Canada confirme son engagement en faveur d’une coopération renforcée avec le Maroc 07:25 Temps chaud attendu au Maroc lundi avec des orages localisés sur les reliefs 07:01 Carburants : pourquoi les prix repartent à la hausse au Maroc en ce début août 21:00 Automobile : les exportations marocaines progressent de 17,4 % à fin juin 2026 19:42 Le ministère de l’Intérieur explique les circonstances des tentatives de migration vers Sebta et Melilia 19:01 Le Théâtre Royal de Rabat s’impose parmi les plus grands monuments culturels du monde 17:08 Contrôle des devises : l’Office des changes ouvre une vaste enquête sur les exportateurs marocains. 16:02 Incendie à Zagora : l’oasis du Drâa perd plus de 1.500 palmiers en quelques heures 15:01 Bank Al-Maghrib : le crédit au secteur non financier poursuit sa forte progression 13:29 Jorge Vilda affiche ses ambitions avant le choc Maroc – Sénégal à la CAN féminine 2026 13:05 Enquête du Vatican : un nouveau responsable provisoire nommé à la tête de l’archidiocèse de Rabat 11:37 Industrie automobile : le Maroc mise sur les batteries pour devenir un acteur clé de la mobilité électrique 10:29 Olympiades africaines de mathématiques 2026 : le Maroc brille avec une deuxième place continentale

Le chaînon manquant de notre ambition industrielle

Lundi 15 Décembre 2025 - 12:43
Par: Sabri Anouar
Le chaînon manquant de notre ambition industrielle

Le Maroc est en train de bâtir une industrie nationale plus robuste, plus diversifiée, plus ambitieuse. Cette dynamique est réelle. Elle se voit dans les investissements, les plateformes industrielles, les chaînes de valeur qui se structurent.
Mais une industrie ne se résume jamais à des équipements, des zones ou des incitations financières. Elle repose d’abord sur une architecture humaine et intellectuelle : l’ingénieur, l’entreprise et le territoire.

Or, c’est précisément à ce niveau que se joue aujourd’hui l’enjeu le plus stratégique.

Du technicien spécialisé à l’ingénieur systémique

Le monde industriel a profondément changé.
Nous sommes passés d’un modèle fondé sur l’ingénieur du XXᵉ siècle — hautement spécialisé, souvent cantonné à une fonction technique — à un ingénieur du XXIᵉ siècle, multidimensionnel, capable de penser simultanément la technologie, l’économie, la transformation numérique et l’impact organisationnel.

Ce nouvel ingénieur ne se contente pas d’exécuter.
Il analyse, arbitre, anticipe.
Il crée de la valeur, structure l’innovation et participe aux choix stratégiques.

Ce sont ces profils qui, partout dans le monde, donnent à l’industrie sa dimension souveraine.

Une industrie qui progresse… sur une base encore importée

Le paradoxe marocain est là :
Notre industrie avance, mais son socle technologique demeure largement importé.

Ce constat n’est ni idéologique ni alarmiste. Il est même compréhensible dans les phases initiales d’industrialisation. Mais il devient problématique dès lors que l’on vise la montée en gamme, la résilience et la capacité de décision.

Une industrie qui ne maîtrise pas ses compétences clés finit toujours par dépendre des choix faits ailleurs.

Le facteur territorial : l’angle mort du débat

À cette dépendance technologique s’ajoute une autre fracture, moins visible mais tout aussi structurante : l’inégalité territoriale des capacités d’accompagnement.

L’exemple est parlant : à quelques kilomètres de grands pôles industriels, certaines zones restent privées de véritables écosystèmes d’ingénierie et de tissus de PME soutenus par les compétences adéquates.
Les opportunités existent. Les investissements sont là. Mais l’ancrage local de la valeur ajoutée reste faible.

Sans ingénieur intégré au territoire, l’industrie devient une enclave.
Avec lui, elle devient un levier de développement.

Changer de logique : penser l’ingénierie comme politique industrielle

Il est temps de cesser de traiter la formation comme un secteur autonome.
Elle doit être pensée comme un pilier central de la politique industrielle.

Concrètement, une approche industrielle territoriale pourrait s’appuyer sur trois leviers simples et réalistes :

  1. L’intégration de l’ingénieur dans les mécanismes de financement et d’incitation, afin de faire du capital humain un critère aussi déterminant que l’investissement matériel.
  2. Des contrats industriels régionaux clairs, alignant formation, besoins des entreprises et priorités territoriales.
  3. Des unités d’innovation ancrées localement, capables de connecter ingénieurs, PME et marchés.

La souveraineté industrielle commence par l’intelligence collective

L’industrie moderne est une chaîne cohérente :
un ingénieur qui pilote,
des entreprises qui innovent,
et un territoire qui en bénéficie.

Lorsque cette boucle fonctionne en harmonie, la souveraineté industrielle cesse d’être un slogan. Elle devient un résultat.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire davantage, mais de décider mieux, ici, avec nos compétences, et pour l’ensemble de nos territoires.


  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.