Sardine marocaine : l’Espagne s’indigne face au gel des exportations vers l’UE et au maintien de la flotte russe
La décision du Maroc de suspendre l’exportation de sardines congelées vers l’Union européenne, tout en continuant d’autoriser l’accès de la flotte russe à ses eaux territoriales, provoque une vive réaction en Espagne. Dans les milieux industriels et maritimes ibériques, cette mesure est perçue comme un déséquilibre commercial aux conséquences économiques potentiellement lourdes.
Selon plusieurs sources médiatiques espagnoles, l’interdiction d’exportation constitue un coup dur pour l’industrie de la conserve, notamment en Galice. Cette région, pilier du secteur halieutique espagnol, dépend largement de la sardine marocaine comme matière première pour alimenter ses chaînes de production. La raréfaction soudaine de cet approvisionnement fait craindre des tensions sur les stocks et une hausse des coûts de production.
Du côté de Rabat, les autorités avancent des arguments liés à la préservation des ressources marines. La baisse des volumes de sardines pêchées ces dernières années est attribuée à plusieurs facteurs, parmi lesquels le changement climatique, la pollution des écosystèmes marins et la surexploitation. Le Maroc explique ainsi vouloir protéger ses ressources halieutiques, tout en garantissant l’approvisionnement du marché national et des unités de transformation locales, dans un contexte de forte demande intérieure, notamment à l’approche du mois de Ramadan.
Cependant, le maintien de l’accord de pêche avec la Russie alimente la controverse. Cet accord autorise la flotte russe à capturer chaque année des volumes importants de sardines et d’autres espèces dans les eaux marocaines, en échange de compensations financières jugées significatives. Pour les professionnels espagnols, cette situation crée un sentiment d’injustice, d’autant plus que l’accès est restreint aux partenaires européens alors qu’il reste ouvert à un acteur extérieur à l’UE.
Les industriels espagnols du secteur de la conserve alertent sur les risques de pénurie susceptibles de perturber durablement la production et de menacer des milliers d’emplois. Ils soulignent également que de nombreuses entreprises avaient récemment accru leurs importations de sardines marocaines afin d’anticiper la demande. En parallèle, la montée en puissance des conserveries marocaines sur le marché européen est désormais perçue comme un facteur de concurrence directe, accentuant les crispations.
Au-delà de la dimension commerciale, cette affaire s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, marqué par le renforcement de la présence russe sur les côtes africaines. Moscou multiplie en effet les accords de pêche avec plusieurs pays du continent, dans une stratégie visant à consolider son influence économique et maritime, au moment où les équilibres du secteur halieutique international sont de plus en plus contestés.
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