Droit de grève au Maroc : l’UMT s’appuie sur la Cour internationale de Justice pour relancer le débat
Le débat autour du droit de grève au Maroc connaît un nouveau rebondissement. L’Union marocaine du travail (UMT) estime que l’avis consultatif récemment rendu par la Cour internationale de Justice constitue un tournant majeur dans la défense des libertés syndicales à l’échelle internationale et renforce les arguments des syndicats marocains opposés à la loi organique n°97.15.
Dans un communiqué diffusé vendredi, la centrale syndicale a salué ce qu’elle considère comme une avancée historique pour le mouvement syndical mondial. L’UMT souligne que la juridiction internationale a reconnu que le droit de grève est implicitement protégé par la convention n°87 de l’Organisation internationale du travail relative à la liberté syndicale et au droit d’organisation.
Pour le syndicat marocain, cette position juridique dépasse largement le cadre symbolique. L’organisation estime que cet avis crée désormais une référence internationale susceptible d’influencer les législations nationales et de renforcer la protection des travailleurs face aux dispositifs jugés restrictifs en matière d’action syndicale.
L’UMT rappelle que les discussions ayant conduit à cet avis ont mobilisé depuis 2023 plusieurs acteurs internationaux, parmi lesquels des gouvernements, des organisations patronales et des syndicats affiliés à la Confédération syndicale internationale. La centrale marocaine affirme avoir participé à cette dynamique de plaidoyer autour de la reconnaissance du droit de grève comme liberté fondamentale liée à l’exercice syndical.
Cette prise de position intervient dans un contexte toujours marqué par les tensions entre les syndicats marocains et le gouvernement autour de la loi organique n°97.15 encadrant l’exercice du droit de grève. Depuis son adoption, plusieurs centrales syndicales dénoncent un texte qu’elles jugent trop restrictif, estimant qu’il introduit des procédures et des sanctions susceptibles de limiter l’efficacité des mouvements sociaux.
L’UMT considère notamment que certaines dispositions du texte marocain s’éloignent des standards défendus par les instances internationales du travail. Le syndicat estime également que le maintien de cette législation pourrait alimenter les critiques adressées au Maroc sur le respect des libertés syndicales et des engagements pris dans le cadre des conventions internationales ratifiées par le Royaume.
En s’appuyant sur l’avis de la Cour internationale de Justice, la centrale syndicale appelle à une suspension de l’application de la loi actuelle ainsi qu’à l’ouverture de nouvelles discussions avec le gouvernement. L’objectif affiché est d’aboutir à un texte jugé plus équilibré et davantage aligné sur les normes internationales relatives au droit de grève.
Au-delà de l’aspect juridique, cette nouvelle séquence remet la question du dialogue social au centre du débat public. Les relations entre l’exécutif et les syndicats restent marquées par plusieurs dossiers sensibles liés au pouvoir d’achat, aux réformes sociales et aux libertés syndicales.
L’intervention de la juridiction internationale de La Haye apporte désormais une dimension supplémentaire à ce dossier, en donnant une portée internationale à un débat qui structure depuis plusieurs années les relations sociales au Maroc.
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