Russie et Ukraine de retour à la table des négociations à Istanbul sous la pression de Trump
De possibles négociations entre la Russie et l’Ukraine sont attendues ce mercredi à Istanbul, dans une atmosphère empreinte de scepticisme et d’impasse diplomatique. Trois ans après le déclenchement de l’invasion russe, cette troisième session de pourparlers directs en Turquie se profile sans réelle perspective de percée majeure, malgré la pression croissante de Washington.
Si Kiev a confirmé la tenue des discussions, Moscou reste floue : le Kremlin s’est contenté d’indiquer que des échanges pourraient avoir lieu « dans la semaine ». Cette ambiguïté reflète l’état des relations entre les deux camps, dont les positions demeurent profondément divergentes, voire irréconciliables.
À l’approche de cette nouvelle tentative, le président américain Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche depuis janvier 2025, a fixé un ultimatum à la Russie : parvenir à un accord avec l’Ukraine dans un délai de 50 jours, faute de quoi de sévères sanctions économiques seraient réactivées. Une stratégie de pression directe qui, jusqu’à présent, n’a pas produit les effets escomptés.
Les discussions devraient à nouveau porter sur des sujets humanitaires, comme l’échange de prisonniers et la restitution d’enfants ukrainiens déplacés en Russie. Les précédents pourparlers en mai et juin à Istanbul s’étaient limités à des accords de portée limitée sur ces questions. Pendant ce temps, les combats continuent de faire rage sur le terrain, avec des bombardements russes qui ont fait de nombreuses victimes ces dernières semaines.
Du côté ukrainien, la délégation sera menée par l’ancien ministre de la Défense, Roustem Oumerov, accompagné de hauts représentants des services de renseignement et de la diplomatie. En revanche, la Russie n’a pas encore révélé la composition de son équipe, bien que les précédentes réunions aient été dirigées par Vladimir Medinski, ancien ministre de la Culture et figure du courant nationaliste russe.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a averti mardi qu’il ne fallait nourrir « aucun espoir de progrès miraculeux », affirmant que « beaucoup de travail reste à faire » avant d’envisager une rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.
Les exigences posées par Moscou – notamment la reconnaissance de l’annexion de la Crimée et de quatre régions ukrainiennes, l’abandon des livraisons d’armes occidentales et du projet d’adhésion à l’OTAN – restent inacceptables pour Kiev. De son côté, l’Ukraine réclame le retrait total des troupes russes, un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, ainsi que des garanties de sécurité occidentales, y compris le déploiement de forces européennes, ce à quoi la Russie s’oppose catégoriquement.
Depuis son retour à la présidence, Donald Trump tente d’imprimer une dynamique différente à la politique étrangère américaine. Il s’est rapproché de Moscou dans l’espoir d’arracher un accord, sans succès pour l’heure. Sa récente annonce de livraisons d’équipements militaires financés par des pays européens à l’Ukraine semble marquer un tournant dans sa posture, plus ferme que lors de son premier mandat.
En l’état, la reprise des discussions à Istanbul ressemble davantage à une tentative de maintenir le canal diplomatique ouvert qu’à une réelle avancée vers la paix. Le fossé entre les deux camps reste profond, et aucun des protagonistes ne semble prêt à faire les concessions nécessaires à une sortie rapide du conflit.
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