Abdelouafi Laftit détaille la stratégie nationale face aux risques naturels
Le Maroc a adopté une stratégie nationale intégrée de gestion des risques liés aux catastrophes naturelles, fondée sur une approche globale et anticipative privilégiant la prévention et le renforcement de la résilience, plutôt qu’une simple intervention après les crises. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, dans une réponse écrite à une question parlementaire portant sur la politique publique en matière de gestion des catastrophes.
Le ministre a souligné que les autorités publiques accordent une priorité majeure à la gestion des risques naturels, compte tenu des pertes humaines et matérielles importantes qu’ils peuvent engendrer. De par sa situation géographique et ses spécificités climatiques, le Maroc demeure exposé à divers aléas naturels, comme en témoignent plusieurs événements survenus au cours des dernières décennies.
Selon Abdelouafi Laftit, les efforts entrepris dans ce domaine s’inscrivent dans une démarche continue visant à consolider une politique publique efficace. Cette orientation a été particulièrement renforcée à la suite du séisme d’Al Hoceima en 2004, qui a marqué un tournant dans l’adoption d’une approche proactive, conformément aux Hautes Orientations Royales.
Une feuille de route ambitieuse
Le plan d’action national comprend 18 programmes et 57 projets, regroupant au total 165 mesures destinées à assurer une couverture complète des zones exposées aux risques naturels. L’objectif est de mettre en place des mécanismes de prévention intégrés et adaptés aux spécificités territoriales.
Le ministre a toutefois rappelé qu’il est impossible d’atteindre le « risque zéro ». Les catastrophes naturelles restent par nature imprévisibles, ce qui impose une vigilance permanente, un suivi rigoureux et une capacité d’intervention rapide afin de protéger les citoyens et leurs biens.
La stratégie nationale de gestion des risques, qui s’étend à l’horizon 2030, repose sur deux axes principaux : la réduction des impacts des catastrophes et le renforcement de la résilience des populations et des institutions. Elle vise également à promouvoir un développement territorial durable, notamment au profit des zones les plus vulnérables.
Quatre risques majeurs identifiés
Cette stratégie cible en priorité quatre types de risques jugés les plus critiques au Maroc : les séismes, les inondations, les glissements de terrain et les tsunamis. Leur gestion s’inscrit dans une approche globale intégrant la planification territoriale, l’urbanisme et les politiques de développement.
Cinq axes structurent cette feuille de route : le renforcement de la gouvernance, l’amélioration de la connaissance des risques, la prévention et la résilience, la préparation aux catastrophes et la réhabilitation post-crise, ainsi que le développement de la recherche scientifique et de la coopération internationale.
Cartographie et prévention
Dans le cadre de l’amélioration de la connaissance des risques, plusieurs études ont été menées pour élaborer des cartes d’aptitude à l’urbanisation, permettant d’identifier les zones constructibles et celles à risques. Des atlas nationaux des zones inondables ont également été réalisés, accompagnés de plans de prévention adaptés.
Des projets pilotes ont été mis en œuvre, notamment dans les villes de Fès et Mohammedia, afin de renforcer la résilience urbaine face aux catastrophes naturelles, avec l’ambition d’étendre cette démarche à d’autres agglomérations.
Renforcement du cadre réglementaire
Le ministre a également évoqué l’actualisation du cadre juridique relatif à la construction parasismique et à la gestion des inondations, notamment à travers la mise en œuvre de la loi 36-15 sur l’eau et de ses textes d’application. Ces dispositifs permettent une meilleure planification des infrastructures et un encadrement plus rigoureux des zones à risque.
Systèmes d’alerte et moyens d’intervention
Parallèlement, des systèmes modernes de surveillance et d’alerte précoce ont été déployés. Un centre opérationnel de veille et de gestion des risques d’inondations a été créé au sein du ministère de l’Intérieur, et des équipements de mesure sismique et océanique ont été installés à l’échelle nationale.
Des centres territoriaux de gestion des crises ont été mis en place, tandis que les capacités logistiques de la Protection civile ont été renforcées. Des plateformes de stockage de matériel d’urgence – tentes, couvertures, denrées alimentaires et équipements médicaux – ont été aménagées dans toutes les régions du Royaume pour garantir une intervention rapide en cas de sinistre.
Formation et sensibilisation
Enfin, des programmes de formation ont été lancés au profit des cadres et des acteurs locaux impliqués dans la gestion des risques. Des campagnes de sensibilisation destinées aux populations exposées sont régulièrement organisées afin de renforcer la culture de prévention.
À travers cet ensemble de mesures, le Maroc entend consolider sa capacité à anticiper, gérer et surmonter les catastrophes naturelles, dans une logique de protection durable des citoyens et des territoires.
-
13:04
-
12:03
-
11:01
-
10:56
-
10:02
-
09:03
-
08:33
-
08:09
-
23:03
-
22:44
-
22:31
-
22:00
-
21:31
-
21:00
-
20:30
-
20:03
-
20:00
-
19:28
-
19:25
-
19:17
-
19:00
-
18:00
-
17:15
-
16:40
-
16:31
-
16:09
-
15:44
-
15:30
-
15:00
-
14:30
-
14:09
-
13:44