Afrique du Sud : un million d’enfants privés d’éducation préscolaire
Environ un million d’enfants âgés de trois à cinq ans ne sont inscrits dans aucun programme d’éducation préscolaire en Afrique du Sud. Face à cette situation, le président Cyril Ramaphosa a appelé, lundi, à accélérer les efforts pour garantir un accès universel à l’éducation de la petite enfance d’ici 2030.
S’exprimant lors d’un sommet national consacré au développement et à l’éducation de la petite enfance, organisé les 19 et 20 octobre à Johannesburg, le chef de l’État a souligné les difficultés financières auxquelles sont confrontées les familles les plus vulnérables. « Pour de nombreuses familles pauvres, même des frais peu élevés sont hors de portée », a-t-il déclaré.
Des frais d’inscription encore inabordables
Cyril Ramaphosa a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien aux centres d’apprentissage. Malgré l’existence de nombreuses structures préscolaires, les frais d’inscription restent un obstacle pour une partie importante des familles à faibles revenus.
L’Afrique du Sud compte actuellement plus de 39 000 structures préscolaires enregistrées, qui accueillent plus de 1,6 million d’enfants. Le président a toutefois relevé que trop peu d’établissements éligibles bénéficiaient des subventions publiques, limitant ainsi leur capacité à accueillir davantage d’enfants.
Le programme Bana Pele appelé à être renforcé
Pour améliorer l’accès à l’éducation préscolaire, le gouvernement prévoit d’intensifier le programme d’enregistrement massif Bana Pele, lancé l’année dernière. Les autorités entendent également simplifier les procédures administratives et augmenter les aides destinées aux enfants.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi d’amendement relatif aux enfants, qui doit être soumis au Parlement.
Le président a également appelé les entreprises, les collectivités locales et les organisations communautaires à participer à l’effort national. Leur contribution pourrait notamment porter sur le financement des structures préscolaires, la formation des éducateurs et la fourniture de matériel pédagogique.
Un enjeu social et économique majeur
Au-delà de l’apprentissage, Cyril Ramaphosa a souligné les retombées économiques et sociales de l’éducation de la petite enfance. Selon lui, le développement de ce secteur peut favoriser la création d’emplois, contribuer à réduire la pauvreté et permettre aux parents, notamment aux femmes, de travailler ou de poursuivre leurs études.
Le président a néanmoins rappelé que la technologie ne pouvait se substituer aux relations humaines indispensables au développement des enfants. « La technologie peut changer le monde. Mais elle ne peut remplacer l’amour, les soins, les encouragements et les interactions humaines dont les enfants ont besoin pour se développer », a-t-il affirmé.
À travers cet appel à une mobilisation collective, les autorités sud-africaines entendent renforcer les dispositifs d’accueil et d’apprentissage afin qu’aucun enfant ne soit laissé de côté avant son entrée à l’école, avec pour objectif un accès universel à l’éducation de la petite enfance d’ici 2030.
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