Allemagne : l’ancien chef du BND August Hanning arrêté pour espionnage
L’ancien patron du renseignement extérieur allemand, August Hanning, a été arrêté dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’espionnage et de trahison, a annoncé le parquet fédéral allemand. Les soupçons concernent des activités qui auraient débuté après son départ de la direction du Bundesnachrichtendienst (BND), le service de renseignement extérieur de l’Allemagne.
August Hanning a dirigé le BND de 1998 à 2005, avant d’occuper le poste de secrétaire d’État au ministère allemand de l’Intérieur jusqu’en 2009. Son arrestation intervient dans une procédure particulièrement sensible, compte tenu de ses anciennes responsabilités au sein de l’appareil de sécurité allemand.
Des informations sensibles auraient été transmises pendant plusieurs années
Selon le parquet fédéral, August Hanning est soupçonné d’avoir participé à plusieurs infractions liées à la transmission de secrets d’État. Les enquêteurs évoquent notamment des soupçons d’espionnage, de collecte d’informations classifiées, de tentative de haute trahison ainsi que d’activités menées au profit d’un service de renseignement étranger.
Un ancien collaborateur du BND, identifié comme Manfred D., a également été arrêté. Contrairement à Hanning, il aurait continué à travailler au sein du service de renseignement allemand.
Les deux hommes auraient conclu un accord au printemps 2010. Manfred D. aurait alors commencé à transmettre régulièrement à son ancien supérieur des informations provenant du BND, en échange d’une rémunération.
Près de 2 000 documents au cœur des investigations
L’enquête porte sur une période particulièrement longue. D’après le parquet, les informations auraient continué à être transmises jusqu’en juin 2022, pour un volume estimé à environ 2 000 documents.
Les enquêteurs soupçonnent notamment August Hanning d’avoir utilisé certaines informations classifiées dans le cadre de son activité de consultant privé. Il aurait également préparé une analyse destinée à un officier appartenant à un service de renseignement étranger.
Le parquet affirme par ailleurs que l’ancien responsable du BND aurait entretenu des contacts étroits avec un représentant d’un autre service de renseignement étranger. Les investigations devront notamment déterminer la nature exacte de ces échanges et l’utilisation qui aurait été faite des informations obtenues.
Une enquête déclenchée par une autre affaire
La procédure visant August Hanning aurait été ouverte à la suite de perquisitions réalisées dans le cadre d'une enquête distincte.
L’ancien chef du BND était alors soupçonné d’avoir apporté son aide à Christina Block, héritière d’une célèbre chaîne allemande de restaurants, dans une affaire concernant l’enlèvement présumé de deux de ses enfants afin de les éloigner de leur père.
C’est dans le contexte de cette première enquête que les autorités auraient découvert des éléments susceptibles de justifier l’ouverture de nouvelles investigations portant sur des faits d’espionnage et de trahison.
Une affaire qui embarrasse les services de sécurité allemands
L’arrestation d’un ancien dirigeant du BND donne une dimension particulière à cette affaire. Les fonctions exercées par August Hanning au sein du renseignement extérieur allemand lui avaient notamment donné accès à des informations particulièrement sensibles.
Marc Henrichmann, président de la commission parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement, a réagi fermement à l’annonce des arrestations.
Il a affirmé que l’Allemagne ne tolérerait ni la divulgation de secrets d’État ni la coopération avec des acteurs considérés comme hostiles aux institutions démocratiques du pays.
La détention provisoire encore à décider
L’arrestation ne préjuge pas, à ce stade, de la culpabilité des deux suspects. Un juge doit se prononcer sur leur éventuel placement en détention provisoire.
L’enquête devra désormais permettre d’établir précisément la nature des informations transmises, les destinataires des documents, les éventuelles contreparties financières ainsi que les motivations des personnes impliquées.
Pour les autorités allemandes, l’affaire soulève en tout cas des questions sensibles sur la protection des informations classifiées et sur les risques liés à l’utilisation de données issues des services de renseignement après le départ de leurs responsables.
-
14:44
-
14:40
-
14:36
-
14:32
-
14:32
-
14:31
-
14:15
-
14:05
-
13:45
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:15
-
12:08
-
12:08
-
12:06
-
12:06
-
12:00
-
11:54
-
11:45
-
11:30
-
11:25
-
11:15
-
11:00
-
10:55
-
10:45
-
10:32
-
10:30
-
10:15
-
10:09
-
10:07
-
10:04
-
10:00
-
09:45
-
09:36
-
09:30
-
09:29
-
09:15
-
09:00
-
08:52
-
08:45
-
08:30
-
08:15
-
08:08
-
08:02
-
08:02
-
08:00
-
07:48
-
23:31
-
23:09
-
22:44
-
22:31
-
22:09
-
21:44
-
21:31
-
21:09
-
20:44
-
20:30
-
20:09
-
19:40
-
19:31
-
19:14
-
19:09
-
18:44
-
18:30
-
18:15
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:16
-
17:15
-
17:00
-
16:44
-
16:30
-
16:15
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:15
-
15:00
-
14:45