Avocats marocains : réunion d'urgence face à la nouvelle loi controversée
Face à l'entrée en vigueur de la loi réformant leur profession, les instances représentatives des avocats marocains accélèrent leur calendrier. L'Association des barreaux du Maroc (ABM) a pris la décision de convoquer en urgence son Conseil extraordinaire pour le 27 août, soit plusieurs jours avant la date initialement programmée.
Cette réaction rapide fait suite à la parution au Bulletin officiel de la loi n° 66.23 régissant l'exercice de la profession d'avocat. Un texte qui cristallise depuis plusieurs mois les tensions entre la profession juridique et l'exécutif.
Un ordre du jour resserré autour d'un enjeu majeur
Dans un courrier transmis aux différents bâtonniers et responsables régionaux, Hussein Zayani, qui préside l'Association des barreaux du Maroc, a confirmé la tenue de cette assemblée en format restreint. L'agenda ne comporte qu'un seul point de discussion : analyser les implications concrètes de la nouvelle législation et déterminer la stratégie à adopter.
Le communiqué interne insiste sur « l'urgence exceptionnelle de la conjoncture actuelle », justifiant ainsi le changement de calendrier. Cette formulation reflète l'inquiétude grandissante au sein de la profession quant aux conséquences pratiques du nouveau cadre législatif.
Un parcours législatif semé d'embûches
Le cheminement de cette réforme illustre les difficultés rencontrées lors de son élaboration. Après validation parlementaire, le texte a été soumis à la Cour constitutionnelle dans le cadre d'un recours contestant sa conformité aux principes fondamentaux. L'instance suprême a toutefois déclaré son incompétence pour trancher cette question, ouvrant la voie à la promulgation par dahir royal.
Cette séquence procédurale n'a fait qu'accentuer le malaise des professionnels du droit, qui dénoncent un processus manquant de concertation.
Un bras de fer qui s'intensifie
La mobilisation annoncée par l'ABM témoigne d'un désaccord profond avec certaines orientations du texte gouvernemental. Plusieurs articles sont particulièrement contestés par les représentants de la profession, qui y voient une remise en cause de leur autonomie et de leurs prérogatives traditionnelles.
Le ministère de la Justice, de son côté, défend une modernisation nécessaire du secteur, adaptée aux évolutions sociétales et économiques du royaume. Cette opposition de visions laisse présager des semaines tendues dans les rapports entre chancellerie et instances ordinales.
La réunion du 27 août constituera donc un moment clé pour observer si les avocats marocains optent pour une stratégie d'apaisement ou, au contraire, durcissent leur position face à une réforme qu'ils jugent imposée.
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