Berkane : la récolte des grenades pourrait atteindre 23.000 tonnes cette saison
La campagne de récolte des grenades a débuté au début du mois d’octobre dans la province de Berkane, avec des perspectives encourageantes pour les producteurs. La production prévisionnelle devrait atteindre environ 26.000 tonnes dans la zone d’intervention de l’Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), dont près de 23.000 tonnes à Berkane. Les conditions climatiques favorables soutiennent les espoirs d’une récolte plus abondante et de fruits de bonne qualité.
Des conditions favorables pour la nouvelle campagne
Dans les vergers de Berkane, les premières opérations de cueillette se déroulent dans un climat d’optimisme. Les précipitations enregistrées depuis décembre dernier, combinées à une irrigation régulière et à l’entretien des arbres, ont contribué aux perspectives positives annoncées pour cette campagne.
Selon Maria Toufiq, ingénieure agronome à l’ORMVAM, la culture du grenadier s’est développée au cours des dernières années après son intégration au plan agricole régional en tant que produit du terroir caractéristique de la province.
Cette progression traduit l’intérêt grandissant des agriculteurs pour une production qui bénéficie de conditions naturelles favorables et présente un potentiel économique jugé intéressant.
Une production concentrée dans la province de Berkane
À l’échelle régionale, les superficies consacrées aux grenadiers avoisinent les 2.500 hectares. Environ 76 % de ces terres se trouvent dans le périmètre d’intervention de l’ORMVAM, tandis que Berkane représente près de 80 % des surfaces régionales plantées en grenadiers.
Pour la campagne en cours, les prévisions tablent sur quelque 26.000 tonnes de production dans la zone couverte par l’Office, dont près de 23.000 tonnes dans la province de Berkane. Ces volumes illustrent la place croissante de cette culture dans l’activité agricole locale.
L’intérêt des producteurs repose notamment sur la rentabilité de cette filière par rapport à certaines autres cultures et sur ses besoins en eau relativement limités. Selon Maria Toufiq, l’activité génère plus de 150.000 journées de travail par an, contribuant ainsi à l’emploi rural et aux revenus locaux.
L’irrigation et les variétés, des facteurs déterminants
La qualité des grenades dépend également des variétés cultivées. Parmi les plus répandues dans la région figurent la Sefri et la Merssi, connue localement sous le nom de « Oujdi ».
Les producteurs bénéficient par ailleurs de programmes de soutien agricole consacrés notamment aux plantations et à la conversion des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte. Cette technique couvre actuellement environ 40 % des superficies cultivées, avec pour objectif d’améliorer les rendements tout en rationalisant l’utilisation de l’eau.
La gestion de l’irrigation demeure toutefois essentielle jusqu’à la maturation des fruits. Un apport excessif en eau à ce stade peut provoquer des fissures et réduire leur qualité commerciale. Les précipitations enregistrées cette saison, associées à des conditions climatiques favorables et à un approvisionnement régulier en eau, ont contribué à améliorer les perspectives de production.
Des rendements encourageants sur le terrain
Dans la commune de Chouihia, un agriculteur prévoit de récolter entre 90 et 100 tonnes de grenades sur une exploitation de 2,5 hectares. La cueillette, commencée au début du mois d’octobre, concerne notamment les variétés « Admi » et « Oujdi », également appelée « Dondo » par certains producteurs.
L’agriculteur attribue les perspectives favorables aux précipitations et à la disponibilité de l’eau d’irrigation fournie par l’ORMVAM. Il relève également une amélioration de la production par rapport à la campagne précédente.
Ces premiers constats confortent les attentes des producteurs, même si les résultats définitifs dépendront de l’évolution de la récolte et de la part des fruits pouvant être commercialisés.
Les défis de la commercialisation restent à relever
Malgré les perspectives positives, la filière doit encore composer avec plusieurs contraintes. Certains fruits sont endommagés par une exposition excessive au soleil, ce qui diminue la proportion de grenades commercialisables. Les besoins en accompagnement technique et en organisation des circuits de vente constituent également des enjeux importants.
Face à ces difficultés, des producteurs plaident pour la création de coopératives spécialisées afin de mieux structurer la commercialisation, de limiter les pertes et d’améliorer la valorisation de la production. Une organisation collective pourrait également favoriser l’accès à de nouveaux débouchés, y compris sur les marchés extérieurs.
À Berkane, l’enjeu dépasse ainsi le seul volume récolté. Si les conditions de cette saison nourrissent l’espoir d’une campagne favorable, le développement durable de la filière dépendra aussi de la capacité des acteurs à préserver la qualité des fruits, à renforcer l’accompagnement des agriculteurs et à mieux organiser leur commercialisation.
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