BioMérieux dévoile Spinchip, un dispositif de diagnostic rapide de l’infarctus
Une nouvelle technologie de diagnostic développée par une entreprise lyonnaise pourrait contribuer à accélérer la détection des infarctus du myocarde. Baptisé Spinchip, le dispositif développé et commercialisé par bioMérieux est conçu pour rechercher en quelques minutes la présence de troponine, un marqueur biologique associé aux lésions du muscle cardiaque.
Selon bioMérieux, l’appareil permettrait d’obtenir un résultat en dix minutes à partir d’une simple goutte de sang prélevée au bout du doigt. Le dispositif doit être présenté lors du prochain congrès européen de médecine d’urgence à Paris.
Une analyse réalisée à partir d’une goutte de sang
Le principe repose sur la détection de la troponine, une molécule libérée dans la circulation sanguine lorsqu’une partie des cellules cardiaques est endommagée.
Pierre-Géraud Claret, directeur des affaires médicales de bioMérieux, explique que la présence de cette molécule permet de disposer d’un indicateur de la souffrance du cœur. Le nouveau dispositif vise ainsi à simplifier et accélérer le processus de détection en utilisant un prélèvement sanguin réalisé directement au bout du doigt.
La société indique que le niveau de performance recherché est comparable à celui des méthodes actuellement utilisées dans les laboratoires hospitaliers.
Réduire le délai de détection
La détection de la troponine est déjà pratiquée dans les établissements hospitaliers à partir de prélèvements sanguins. Selon les éléments communiqués par bioMérieux, le délai moyen observé pour obtenir la détection d’une crise cardiaque serait actuellement de 1 heure et 21 minutes.
Spinchip vise donc à ramener ce délai à environ dix minutes. Une évolution qui pourrait présenter un intérêt particulier dans les situations d’urgence, où le temps constitue un élément important de la prise en charge.
Le dispositif doit toutefois encore franchir les différentes étapes nécessaires avant sa mise sur le marché européen.
Des essais en cours dans plusieurs hôpitaux
Avant son lancement à grande échelle, la technologie fait l’objet de tests dans plusieurs établissements de santé. Des essais sont menés depuis environ trois mois dans trois hôpitaux lyonnais, ainsi qu’à Clermont et Bordeaux, selon Pierre-Géraud Claret.
Ces évaluations doivent notamment contribuer à documenter les performances du dispositif dans des conditions d’utilisation hospitalière, parallèlement aux études nécessaires à son accès au marché européen.
Une technologie issue d’une start-up norvégienne
Spinchip trouve son origine dans les travaux d’une start-up norvégienne. Le produit a ensuite été finalisé dans la région lyonnaise après l’obtention des autorisations nécessaires, avec la perspective de sa commercialisation par bioMérieux.
La technologie sera prochainement présentée au monde de la médecine d’urgence à Paris. Son développement intervient dans un contexte où les acteurs du diagnostic cherchent à rapprocher les analyses du patient et à réduire les délais nécessaires à l’obtention des résultats.
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