Boualem Sansal annonce une action judiciaire contre Abdelmadjid Tebboune après sa libération
L’écrivain Boualem Sansal relance le débat politique autour de son incarcération en Algérie. Invité à Paris lors de la Journée du livre politique organisée à l’Assemblée nationale, l’auteur a déclaré vouloir engager une procédure judiciaire contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qu’il estime directement responsable de sa condamnation.
Cette prise de parole marque une nouvelle étape dans le bras de fer opposant l’intellectuel franco-algérien au pouvoir algérien, quelques mois après sa grâce présidentielle intervenue en novembre, à la suite d’une année passée en détention.
Une déclaration forte devant le public parisien
Au cours d’un échange consacré au rôle du livre politique comme vecteur d’engagement, Boualem Sansal a affirmé avoir prévenu Abdelmadjid Tebboune de ses intentions dès sa détention.
Selon l’écrivain, une action en justice sera engagée lorsque le contexte sera jugé opportun. Il considère avoir été victime d’une condamnation politique, dans un dossier qu’il décrit comme dépourvu de garanties judiciaires suffisantes.
Une saisine envisagée devant la justice internationale
Interrogé à l’issue de la rencontre, l’auteur a indiqué que son avocat préparait un dossier destiné à être porté devant des juridictions internationales. Il affirme vouloir poursuivre la procédure jusqu’à son terme.
Âgé de 81 ans, Boualem Sansal soutient ne pas avoir bénéficié d’un procès équitable, évoquant notamment l’absence d’observateurs indépendants et de conditions de défense conformes aux standards internationaux.
Le cas Christophe Gleizes cité en référence
L’écrivain a également mentionné la situation du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné dans une affaire liée à des accusations d’apologie du terrorisme.
Ce dossier illustre, selon lui, un climat préoccupant pour les voix critiques ou indépendantes dans le pays.
Rupture avec Gallimard et arrivée chez Grasset
Sur le plan éditorial, Boualem Sansal a récemment quitté Gallimard, maison qui l’accompagnait depuis plusieurs années, pour rejoindre Grasset, filiale du groupe Hachette Livre.
Dans une tribune publiée par Le Monde, il a expliqué ce changement par un désaccord stratégique sur la manière dont sa libération avait été négociée. Il juge insuffisante une issue obtenue par des canaux diplomatiques, préférant une posture de confrontation assumée avec le régime algérien.
Une voix toujours politique
Connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir en Algérie, Boualem Sansal confirme, à travers cette nouvelle offensive judiciaire et éditoriale, sa volonté de rester une figure intellectuelle engagée du débat public maghrébin et européen.
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