Conflit au Soudan : Le système de santé ciblé par des attaques meurtrières
Le conflit armé qui ravage le Soudan depuis près de trois ans continue de fragiliser gravement le secteur sanitaire. Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé, cinq attaques contre des établissements ou services médicaux ont déjà été enregistrées depuis le début de l’année 2026. Ces incidents ont causé 69 morts et 49 blessés, illustrant la vulnérabilité persistante des structures de soins dans un pays où plus d’un tiers des installations de santé ne fonctionnent plus.
La dernière attaque signalée a ciblé l’hôpital Al-Mazmoum, situé dans l’État de Sennar, au sud-est du pays. Le bilan fait état de trois patients décédés et de sept blessés, dont un membre du personnel. Cet épisode s’inscrit dans une série d’attaques répétées qui affectent directement l’accès aux soins pour les civils.
Des régions entières privées d’accès aux soins
Début février, plusieurs centres médicaux ont été frappés dans la région du Kordofan, vaste zone située au sud de Khartoum devenue l’un des principaux foyers d’affrontements. En quelques jours, ces attaques ont provoqué plus de trente décès.
Au total, depuis le déclenchement des hostilités, au moins 206 incidents visant le secteur de la santé ont été confirmés, entraînant environ 2.000 morts et de nombreux blessés. Les chiffres de l’année 2025 à eux seuls témoignent de la gravité de la situation : 65 attaques recensées ont causé plus de 1.620 décès, soit une part écrasante des victimes liées à des attaques contre le système médical dans le monde sur cette période.
Un système de santé déjà fragilisé avant la guerre
Même avant l’escalade militaire, les infrastructures sanitaires soudanaises souffraient d’un manque chronique de ressources, d’équipements et de personnel. Les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide ont accentué ces faiblesses, provoquant la fermeture de nombreux hôpitaux, la fuite de soignants et des ruptures d’approvisionnement en médicaments essentiels.
Cette désorganisation rend l’accès aux soins particulièrement difficile pour la population, notamment dans les zones rurales ou les régions les plus exposées aux combats.
Une crise humanitaire d’ampleur historique
La guerre a déjà causé plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. À certains moments du conflit, plus de 14 millions d’habitants ont été contraints de quitter leur foyer, ce qui a contribué à l’aggravation de la crise humanitaire qualifiée par les Nations unies de plus grave au monde actuellement.
Les projections sanitaires sont tout aussi alarmantes. Les agences internationales anticipent plus de 4,2 millions de cas de malnutrition aiguë en 2026, dont plus de 800.000 formes sévères. Par ailleurs, près de 33,7 millions de personnes pourraient avoir besoin d’une assistance humanitaire cette année, tandis que les réserves d’aide risquent de s’épuiser dès la fin du mois de mars si les financements ne sont pas renforcés.
Une urgence internationale persistante
Face à l’ampleur de la catastrophe, les organisations humanitaires appellent à protéger les infrastructures médicales et le personnel soignant, rappelant que le droit international humanitaire interdit explicitement les attaques contre les structures de santé.
Pour les observateurs, l’évolution de la situation dépendra largement d’un apaisement militaire et d’un accès humanitaire sécurisé. Sans amélioration rapide, le système sanitaire soudanais pourrait basculer vers un effondrement total, avec des conséquences dramatiques pour des millions de civils déjà confrontés à une situation extrême.
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