Coopération agricole Maroc-Chili : un nouveau protocole pour renforcer la sécurité sanitaire
Le Maroc et le Chili franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération agricole. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et le Service agricole et d’élevage du Chili (SAG) ont signé vendredi à Santiago un protocole de coopération consacré à la quarantaine, à la protection phytosanitaire et à la santé animale.
L’accord vise à rapprocher les dispositifs sanitaires et phytosanitaires encadrant les échanges de produits agricoles et alimentaires entre les deux pays. Il doit notamment contribuer à faciliter les procédures, réduire les délais de traitement aux frontières et rendre les échanges commerciaux plus fluides, tout en maintenant un niveau élevé de protection des productions agricoles marocaines et chiliennes.
Un cadre pour faciliter les échanges agricoles
Au-delà de sa dimension technique, le protocole entend instaurer un cadre plus prévisible pour les opérateurs économiques des deux marchés. L’harmonisation des procédures sanitaires et phytosanitaires peut en effet réduire certains obstacles administratifs auxquels sont confrontés les exportateurs et importateurs de produits agricoles.
La démarche s’inscrit également dans les standards internationaux applicables au commerce agricole et dans une logique de renforcement de la confiance entre les autorités compétentes des deux pays.
Le SAG joue au Chili un rôle central dans la protection des ressources agricoles et l’encadrement sanitaire des produits silvoagricoles, notamment à l’importation et à l’exportation. Domingo Rojas Philippi occupe actuellement la fonction de directeur national de l’organisme.
Une coopération aux enjeux commerciaux croissants
Présente lors de la signature, l’ambassadrice du Maroc à Santiago, Kenza El Ghali, a qualifié l’accord de nouvelle avancée dans la consolidation de la confiance sanitaire entre les deux pays. Elle a également mis en avant les perspectives qu’il pourrait ouvrir pour le développement du commerce agroalimentaire bilatéral.
Cette dynamique intervient alors que les échanges commerciaux entre le Maroc et le Chili connaissent une progression importante. Selon les éléments communiqués à l’occasion de la signature, leur valeur serait passée, en cinq ans, d’environ 10 millions de dollars à plus de 80 millions de dollars.
Pour les deux partenaires, l’enjeu consiste désormais à transformer cette progression en davantage d’opportunités pour les producteurs, exportateurs et opérateurs des filières agricoles.
Le potentiel logistique du Maroc mis en avant
La coopération sanitaire s’inscrit par ailleurs dans une réflexion plus large sur les connexions commerciales entre l’Amérique du Sud, l’Afrique et les marchés internationaux.
Kenza El Ghali a notamment évoqué la complémentarité potentielle entre le Corridor bioocéanique en Amérique du Sud et le projet de port Atlantique de Dakhla, présenté dans le cadre de la Vision Atlantique portée par le Maroc. Selon cette approche, ces infrastructures pourraient contribuer à diversifier les itinéraires logistiques et à favoriser de nouvelles liaisons commerciales entre les deux rives de l’Atlantique.
Le Maroc entend ainsi valoriser sa position géographique et ses infrastructures portuaires et logistiques pour renforcer son rôle de plateforme entre l’Afrique, l’Europe, le Moyen-Orient et les marchés atlantiques.
Santiago mise sur la diversification de ses partenaires
Du côté chilien, les autorités économiques considèrent le Maroc comme un partenaire présentant un potentiel encore largement inexploité. Le Royaume est également perçu comme une porte d’accès au marché africain, ce qui renforce son intérêt dans la stratégie chilienne de diversification des relations économiques internationales.
Pour le secteur agricole chilien, l’amélioration des conditions sanitaires et phytosanitaires constitue un levier important pour sécuriser les débouchés extérieurs. Le renforcement des partenariats institutionnels peut ainsi accompagner les ambitions d’un pays fortement tourné vers l’exportation de produits agricoles et alimentaires.
Un partenariat appelé à s’élargir
Le directeur national du SAG, Domingo Rojas Philippi, a pour sa part souligné le caractère progressif du rapprochement entre les deux institutions. Le protocole est présenté comme l’aboutissement de plusieurs années de travail conjoint avec l’ONSSA et comme une base destinée à approfondir la coopération technique.
L’objectif affiché est double : consolider la confiance entre les autorités sanitaires et créer des conditions plus favorables à l’essor des échanges agricoles. Pour les producteurs marocains comme pour leurs homologues chiliens, l’enjeu sera désormais de traduire ce cadre institutionnel en nouvelles possibilités d’accès aux marchés.
Cette signature donne ainsi une dimension concrète au rapprochement économique entre le Maroc et le Chili, tout en plaçant la sécurité sanitaire, la fluidité des échanges et la coopération technique au cœur d’une relation bilatérale appelée à gagner en profondeur.
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