Économie bleue : le Maroc et l’Afrique unis pour industrialiser la pêche
Dakhla a accueilli, du 4 au 5 février, la deuxième édition du forum SeaFood4Africa, un rendez-vous devenu incontournable pour les décideurs et professionnels du secteur halieutique africain. Organisée par la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (FENIP), sous le haut patronage royal, la rencontre a mis en lumière un consensus fort : l’avenir de la pêche en Afrique passe par l’industrialisation, la transformation locale et la création de chaînes de valeur durables.
Réunis à Dakhla, acteurs publics et privés venus du Maroc et de plusieurs pays africains ont dressé un diagnostic commun. Le modèle fondé sur l’exportation brute des ressources marines atteint aujourd’hui ses limites. Face aux enjeux de souveraineté alimentaire, d’emploi, de compétitivité et de durabilité environnementale, une mutation structurelle du secteur s’impose.
Ouvrant les débats, Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a rappelé le rôle stratégique de la pêche maritime dans l’économie nationale. Selon lui, le secteur dépasse largement sa dimension économique pour s’imposer comme un pilier de souveraineté alimentaire et industrielle. Il a souligné que, pour l’année 2024, la filière a généré près de 16 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, avec une production avoisinant 1,5 million de tonnes de produits de la mer, tout en assurant plus de 260 000 emplois stables.
« La responsabilité collective consiste aujourd’hui à préserver cette richesse tout en renforçant sa compétitivité, dans le respect des équilibres environnementaux et face aux défis climatiques », a-t-il insisté, appelant à une montée en gamme du secteur.
Une vision africaine partagée
Les interventions des représentants africains ont confirmé cette convergence de vues. Le ministre gambien des Pêches, Musa Drammeh, a estimé que l’Afrique se trouve à un tournant décisif : continuer à exporter des matières premières ou devenir un acteur majeur de la transformation halieutique mondiale. La Gambie, a-t-il expliqué, a fait le choix de la transformation locale, notamment à travers la création d’une zone économique dédiée au secteur.
Même lecture du côté du Cap-Vert. Pour son ministre de la Mer, George Santos, l’économie bleue constitue à la fois un levier économique, un facteur de sécurité alimentaire et un marqueur identitaire. Dans un pays où l’espace maritime représente l’essentiel du territoire et contribue significativement au PIB, le défi majeur reste celui de l’industrialisation et du développement des compétences. Il a ainsi plaidé pour une « diplomatie bleue » fondée sur la coopération, le partage des infrastructures et des savoir-faire.
Le Libéria, par la voix de son ministre intérimaire de la Pêche et de l’Aquaculture, a qualifié SeaFood4Africa de véritable déclaration d’intention. Le pays prévoit d’ailleurs l’organisation prochaine d’une conférence nationale dédiée à l’investissement halieutique, signe d’une volonté affirmée de structurer le secteur.
Le Maroc, modèle et catalyseur régional
Pour le Gabon, représenté par le secrétaire général du ministère de la Mer et de l’Économie bleue, la construction de chaînes de valeur durables implique une organisation innovante de l’ensemble de la filière, tout en réduisant les pertes et le gaspillage. Le pays s’est engagé dans une stratégie nationale ambitieuse, soutenue par des investissements conséquents, visant à concilier développement économique et protection des écosystèmes marins.
Cette dynamique rejoint pleinement la vision portée par la FENIP. Sa directrice, Lamia Znagui, a rappelé que l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter des volumes sans identité ni valeur ajoutée. L’objectif est désormais clair : exporter de la valeur, de l’origine et une véritable dignité économique. À ce titre, SeaFood4Africa se positionne comme une plateforme d’action favorisant la co-industrialisation, l’innovation et le développement de l’aquaculture sur le continent.
À l’unanimité, les intervenants ont salué le rôle de référence joué par le Maroc. Son expérience en matière de gouvernance durable, de transformation industrielle et de coopération régionale est perçue comme un modèle inspirant pour de nombreux pays africains.
En conclusion, l’édition 2026 de SeaFood4Africa aura confirmé une orientation stratégique majeure : l’avenir du secteur halieutique africain repose sur l’industrialisation, la transformation locale et la structuration de chaînes de valeur compétitives et durables. Dans cette trajectoire, le Maroc s’affirme comme un acteur pivot, capable de fédérer le continent autour d’une vision commune d’une économie bleue souveraine et créatrice de valeur.
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