Enseignement supérieur : régionalisation des concours et expansion des universités au Maroc
Le Maroc fait face à un enjeu stratégique majeur : renforcer la formation d’ingénieurs pour accompagner ses ambitions économiques et industrielles. Intervenant devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a dressé un état des lieux révélateur des défis à relever, tout en annonçant une série de mesures visant à élargir l’accès et à structurer l’offre universitaire.
Un déficit en ingénieurs face aux standards internationaux
Avec moins de 11.000 ingénieurs diplômés chaque année, le Maroc reste en deçà des besoins exprimés par son tissu économique. Ce volume apparaît particulièrement limité lorsqu’il est comparé à celui de pays comme Iran ou les États-Unis, où les effectifs annuels atteignent respectivement des centaines de milliers de diplômés.
Rapporté à la population, le ratio national demeure inférieur à 300 ingénieurs par million d’habitants, un niveau qui souligne l’écart à combler pour soutenir les transformations industrielles et technologiques en cours.
Vers une régionalisation des concours
Pour améliorer l’équité territoriale et faciliter l’accès aux filières sélectives, le ministère introduit une nouvelle organisation des concours d’entrée. Dès cette année, les épreuves d’accès aux écoles d’ingénieurs, aux facultés de médecine et aux écoles de commerce seront organisées à l’échelle régionale.
Cette mesure vise à réduire les disparités géographiques et à offrir aux bacheliers des conditions d’accès plus équilibrées, en limitant les contraintes liées aux déplacements et à la concentration des centres d’examen dans certaines grandes villes.
Une extension progressive de la carte universitaire
Au-delà de la question de l’accès, le gouvernement entend renforcer l’offre d’enseignement supérieur. Le nombre d’universités devrait ainsi passer de 12 à 25 dans les années à venir, dans le cadre d’un déploiement progressif conditionné par les investissements nécessaires.
Cette expansion traduit une volonté de mieux couvrir le territoire national et de rapprocher les infrastructures universitaires des bassins de population, tout en accompagnant la montée en puissance des formations scientifiques et techniques.
Un système à double vitesse maintenu
Malgré ces évolutions, l’architecture du système d’enseignement supérieur reste inchangée dans ses principes. Les établissements à accès ouvert continueront d’accueillir l’ensemble des titulaires du baccalauréat, tandis que les filières à accès régulé conserveront des capacités limitées.
Les écoles d’ingénieurs, les facultés de médecine et les écoles de commerce demeurent ainsi soumises à des quotas, en raison des exigences pédagogiques et des contraintes liées aux infrastructures et à l’encadrement.
Un enjeu stratégique pour le développement
La question de la formation des ingénieurs s’inscrit au cœur des priorités nationales. À mesure que le Maroc renforce son positionnement dans des secteurs à forte valeur ajoutée, la disponibilité de compétences qualifiées devient un facteur déterminant.
Les annonces du ministère traduisent une volonté d’adapter le système éducatif à ces enjeux, en agissant à la fois sur l’accès, la répartition territoriale et l’augmentation progressive des capacités de formation.
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